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Les premières vignettes d'Umberto Brunelleschi (1879-1949) pour les Figures Contemporaines Mariani (1906-1913).

Certains illustrateurs suffisent, par la seule présence de leur signature au bas d’une planche, à convoquer tout un univers d’élégance et de raffinement. Umberto Brunelleschi (1879-1949) est de ceux-là. Florentin de naissance, formé aux Beaux-Arts, il s’installe à Paris dès 1900, happé par l’atmosphère bouillonnante de l’Exposition universelle. Dès 1906, il entame une première collaboration significative avec les Figures Contemporaines Mariani (tome X) où seules quelques vignettes ou bandeaux portent sa signature ; dans les volumes suivants – tome XI (1908), tome XII (1911) et tome XIII (1913) – les contributions signées de son nom se font plus nombreuses. Très vite, il se fait parallèlement un nom dans la presse illustrée – La Vie Parisienne, Gazette du Bon Ton, Vogue – et dans l’univers de la mode. Mais c’est surtout au théâtre et dans les cabarets qu’il déploie son imagination : décors flamboyants, costumes chatoyants pour l’Opéra-Comique, le Châtelet, les Folies Bergère, autant de créations qui inscrivent son nom dans le faste des Années folles.


On le retrouve aussi affichiste, décorateur, créateur d’objets et de bijoux. L’Art déco trouve en lui un interprète de choix, tout en arabesques modernisées et en couleurs vives. Les ateliers de pochoir parisiens, notamment celui de Daniel Jacomet, donnent à ses planches bibliophiliques une somptueuse matérialité. Ses héroïnes, longues silhouettes à la taille serrée, se détachent sur des fonds richement décorés ; ses personnages orientaux ou mythologiques rappellent une fascination constante pour l’ailleurs, le conte et la féerie. Ses traits caractéristiques tiennent à des figures fines, élégantes et très stylisées, toujours soutenues par un goût marqué pour l’ornement et le décor. L’influence d’un Art nouveau tardif, mêlé à l’Art déco, à l’orientalisme et à une italianité raffinée, s’y fait sentir. Brunelleschi n’hésite pas à glisser une touche discrètement érotique, qui confère à ses compositions une aura recherchée aujourd’hui des bibliophiles.


Ses illustrations de livres constituent une part essentielle de son œuvre et demeurent parmi les plus belles réussites de la bibliophilie Art déco. On citera Les Aventures du roi Pausole (Paris, L'Estampe Moderne, 1930, in-4), La Nuit Vénitienne, Fantasio, Les Caprices de Marianne, d'Alfred de Musset (Paris, Piazza, 1913), Les Contes du temps jadis (Paris, Piazza, 1912), Le malheureux petit voyage de Gabriel Soulages (Paris, L'Estampe Moderne, 1926), Le Radjah de Mazulipatam (Paris, Mornay, 1926), Les Œuvres d'Alfred de Musset (Paris, Au Moulin de Pen-Mur, 1948-1949) qui sont ces dernières illustrations, et divers recueils galants, parfois libertins, tirés confidentiellement. Aux côtés de George Barbier, Paul Iribe, Lepape ou Boutet de Monvel, Brunelleschi incarne ce moment où l’illustration de mode, le livre de luxe et l’esprit des Années folles s’unissent.


Nous donnons ici la suite des vignettes signées de son nom (bandeaux, lettrines ou culs-de-lampe), telles qu’elles apparaissent dans le tome XIII des Figures Contemporaines Mariani (1913). Ces vignettes témoignent des toutes premières productions de Brunelleschi, encore imprégnées d’Art nouveau et de symbolisme fin de siècle, un travail bien différent de l’univers Art déco et du faste théâtral qui feront sa renommée par la suite. Quelques vignettes de ce même volume, que l'on reconnait comme étant de son style, ne sont pas signées et de ce fait nous avons préféré ne pas les répertorier ici.


Bertrand Hugonnard-Roche




Publié le mardi 2 septembre 2025 par Bertrand Hugonnard-Roche pour le Bibliomane moderne

Tous droits réservés www.lamourquibouquine.com | Bertrand Hugonnard-Roche | Septembre 2025

 
 
 

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