[N., Religieux de l'Ordre de Fontevraud].

Raison de l'institut de l'ordre de Font-Evraud [Fontevraud]. Avec la descouverte de son esprit. Par un religieux du mesme Ordre.

A Paris, chez René Giffart, rüe des Carmes, près le Collège de Prelle. M. DC. XXIII. [1623].

1 volume in-16 (118 x 76 mm - Hauteur des marges : 116 mm) de (24)-137-(4) pages. Frontispice gravé à l'eau-forte signé Gaspar Isac [Jaspar Isaac], imprimé a verso du dernier feuillet non chiffré (23), représentant la crucifixion (avec implorant aux pieds du Christ, Pétronille, première abbesse et B. P. Robert, premier instituteur).

Reliure plein parchemin de l'époque, coutures apparentes en tête et en queue, titre à l'encre au dos, trous de lacets (lacets absents). Excellent état de conservation de la reliure qui est restée très fraîche. Intérieur frais. Collationné complet.

Edition originale et unique édition, de la plus grande rareté.

Ce petit volume contient une épître à Madame Louise de Bourbon, abbesse du monastère et chef de l'ordre de Fontevraud. Elle est signée : "Le très-humble et obéissant religieux N.". On trouve ensuite un Avis au lecteur (non signé). Viennent à la suite diverses Approbations (par Philippes, évêque de Nantes ; Perrin, théologal de l'église de Poitiers, E. N. Chasteau ; les docteurs de la sainte faculté de théologie, Amiens, Tours ; on y trouve imprimée également la Permission de Louise de Bourbon, abbesse du monastère de Fontevraud et chef de l'Ordre (datée de juillet 1623) ; enfin la Permission du Révérend Père visiteur des monastères de la province de France (frère Léonard Boursin, religieux de l'Ordre de Fontevraud. Le corpus de cette "Raison de l'institut de l'ordre de Fontevraud" est composé de : La cause de l'institut de l"ordre de Font-Evraud - De l'esprit de cet institut - La pratique de l'esprit de cet institut en l'observance de la règle - De l'esprit particulier de Jésus, que nous devons imiter - Quelques autres points d'imitation de l'esprit de Jésus, touchant la conduite et direction des âmes - Comment par le moyen de notre vœu d'obédience nos personnes, nos volontés, paroles et actions sont assujetties : et particulièrement soumises à la sacrée Vierge - De l'esprit de la sacrée Vierge mère de Dieu, que doivent imiter les religieuses de notre ordre - Pratique d'imitation de cet esprit de la sacrée Vierge - Aux religieux de l'ordre de Font-Evraud (épître à "Mes très-honorés, et chers Pères, et Frères ...") - Oraison à Marie Mère de Jésus - Aux religieuses de l'ordre de Font-Evraud - Oraison à Jésus fils de Marie.

L'abbaye royale Notre-Dame de Fontevraud est une ancienne abbaye d'inspiration bénédictine, siège de l'ordre de Fontevraud, fondée en 1101 par Robert d'Arbrissel et située à Fontevraud, près de Saumur en Anjou (actuel Maine-et-Loire). Site de 13 ha établi à la frontière angevine du Poitou et de la Touraine, elle est l'une des plus grandes cités monastiques d'Europe. Initialement monastère mixte, accueillant femmes et hommes au sein des mêmes bâtiments, puis agrandi en monastère double dans l'esprit de la réforme grégorienne, l'abbaye de Fontevraud va s'attirer la protection des comtes d'Anjou puis de la dynastie des Plantagenêts qui en feront leur nécropole. Après un déclin à partir du xiiie siècle, l'abbaye est dirigée pendant presque deux siècles par des abbesses issues de la famille royale des Bourbons. La Révolution française porte un coup d'arrêt définitif à l'établissement religieux. Louise de Bourbon de Lavedan devient abbesse en 1611. Elle crée en 1618 un séminaire pour les religieux de Saint-Jean de l'Habit à La Flèche et acquiert en 1632 le fonds du sénéchal de Saumur pour constituer une bibliothèque au monastère. De même, elle fait creuser des fossés et ériger une muraille autour de Saint-Jean de l'Habit afin que les religieux puissent vivre en clôture stricte, en minimisant les contacts avec le monde extérieur. Cependant, avant même la mort de Louise en 1637, le conflit entre l'abbesse et les religieux resurgit : tout comme à la fondation de l'ordre, les religieux n'acceptent que difficilement qu'une femme ait autorité sur eux. Les désertions se multiplient, des religieux de Saint-Jean de l'Habit quittent le monastère pour rejoindre d'autres ordres. Des bulles papales tentent d'endiguer le mouvement, mais il faut attendre 1641 pour y mettre un terme : l'abbesse Jeanne-Baptiste de Bourbon obtient du Conseil d'État un arrêt qui confirme l'importance et le rôle de l'abbesse dans l'ordre. Les moines révoltés se soumettent. En 1642, la règle de l'ordre de Fontevraud est imprimée. En 1670, l'abbaye compte 230 religieuses, 60 religieux ainsi que plusieurs laïcs chargé de l'administration et des serviteurs au nombre de 47. La mort de Jeanne-Baptiste va profondément marquer le destin de l'abbaye : l'ancienne abbesse n'ayant pas choisi de coadjutrice comme le voulait la coutume, la nouvelle abbesse est alors nommée par le roi lui-même. Le 16 août 1670, Louis XIV nomme à la tête de l'abbaye et de l'ordre Marie-Madeleine Gabrielle de Rochechouart, sœur de madame de Montespan - qui y créa en 1693 l'Hospice de la Sainte Famille, destiné à recevoir cent pauvres, qu'elle fera transférer le 14/11/1703 à Oiron (79) domaine acquis en mars 1700 pour son fils, futur duc d'Antin - qui a connu la vie à la cour du Roi. À la tête de l'ordre, Gabrielle de Rochechouart tente de supprimer les abus et les dérogations à la règle qu'elle enjoint de suivre strictement. Elle achève également la construction du noviciat, aménage des jardins, fait construire une galerie liant l'abbaye au parc Bourbon et poursuit la construction du palais abbatial. Plus intellectuelle que théologienne, la nouvelle abbesse met en place une certaine vie mondaine en recevant sa famille ou en faisant jouer à l'abbaye Esther, la pièce de Jean Racine, dérogeant à la règle de l'ordre. Madame de Montespan elle-même séjourne un an à l'abbaye en 1689, attirant une partie de sa cour. Louise-Françoise de Rochechouart prend la tête de l'abbaye à la mort de Gabrielle en 1704. En juin 1738, les quatre filles cadettes de Louis XV arrivent à Fontevraud où le roi les confie à l'éducation des religieuses. Un nouveau logis est construit, à l'ouest, le logis Bourbon, achevé en 1741, agrandi de nouveaux aménagements en 1747 (par l'architecte Pierre Meusnier). Les filles de Louis XV y resteront jusqu'en 1750. Les dernières abbesses, Marie-Louise de Timbrone et Julie-Gillette de Pardaillan prolongent le palais abbatial, construisent les bâtiments de la Fannerie et des étables, et érigent le portail d'entrée actuel, à la veille de la Révolution. La Révolution française va porter le coup fatal à l'abbaye et à l'ordre de Fontevraud. À la suite des évènements révolutionnaires, la situation financière de l'abbaye s'aggrave rapidement : la dîme, qui lui rapportait 600 livres par an, n'est plus perçue. Dans la nuit du 3 au 4 août, l'Assemblée nationale décrète la fin des privilèges et déclare l'imposition des privilégiés pour les six derniers mois de l'année 1789. Le coup de grâce arrive le 2 novembre 1789 : les biens du clergé sont déclarés biens nationaux.


Localisation d'exemplaires : Absent du catalogue de la Bnf (Bibliothèque nationale de France) ; seules deux bibliothèques françaises semblent posséder cet ouvrage selon le répertoire du CCfr (Catalogue Collectif des bibliothèques de France) : Troyes et Amiens. Aucun exemplaire n'est recensé au WorldCat.

Bel exemplaire de cet ouvrage rarissime, fondamental dans la bibliographie de l'Ordre de Fontevraud.

Raison de l'institut de l'ordre de Font-Evraud [Fontevraud]. 1623. Rarissime.

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