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Pierre Louÿs | Lettre autographe adressée à son frère Georges Louis alors en poste au Caire en Egypte en tant que Commissaire de la Dette. Lettre affectueuse et introspective. "

 

Pierre LOUYS (1870-1925)

 

Lettre autographe signée Pierre et adressée à son frère Georges LOUIS, alors en poste au Caire en Egypte (Commissaire de la Dette).

 

14 octobre [1896] (lettre n°14)

 

Lettre de 7 pages à l'encre bleue (20,2 x 12,8 cm) sur 2 feuillets repliés. Avec enveloppe. Ratures.

 

Voir photographies pour le contenu.

 

Lettre affectueuse de partage d'informations diverses à son frère aimé Georges. On peut y lire quelques passages intéressants d'introspection :

 

Pierre Louÿs s'apprête à faire faire son chiffre gravé (sans doute pour servir de cachet pour son courrier) par un certain Abbot. 

 

"[...] J'ai beaucoup réfléchi beaucoup, depuis dimanche à la démarche dont tu me parles auprès d'Abbot. Je me suis dit : "Si j'étais très malin, qu'est-ce que je ferais ? - Et comme je ne suis pas très malin je n'ai pas trouvé. Et en outre, comme je sais que je ne suis pas très malin, cela me paralyse et je n'ose me lancer. Persuade toi que j'aurais fait un bien mauvais diplomate. Je n'ai rien de ce qu'il faut pour cela. Je n'ai même rien de ce qu'il faut pour rien, à part le petit jeu qui consiste à chercher des épithètes pour les diverses parties du corps féminin. Si Péladan te voyait, il te dirait en son langage : Votre frère n'est pas un intellectuel, c'est un sensitif, et les sensitifs sont également médiocres en diplomatie, en causerie, en tout ce qui concerne la vie extérieure et le persuasion. D'ailleurs, il y a très peu de chances pour que je rencontre Abbot cet hiver dans un endroit où je puisse le prendre à part ; mais, comme tu le dis toi-même, il me serait encore plus difficile de profiter de l'occasion que de la trouver. Bien entendu je ferai ce que je pourrai. J'ai l'idée d'un chiffre très simple qui serait absolument indéchiffrable : ce serait de l'arabe, du basque ou du magyar, enfin une langue qui n'ait pas de radicaux latins [...]"

Pierre Louÿs annonce à son frère la mort de M. Rieder (qui était son Directeur à l'Ecole Alsacienne, (surnommé "le père Cul" par les élèves, cf. J.-P. Goujon Pierre Louÿs, p. 42)). Pierre Louÿs écrit : "A propos de l'Ecole, les journaux annoncent la mort de Rieder. Je sais que tu ne l'aimais pas. Pour moi, je ne le mettais guère que le 5e ou le 6e dans l'ordre de mes vieilles rancunes de classes. Il y a quatre ou cinq autres cuistres que je ferais mourir à petit feu si j'étais grand inquisiteur. Les gens qui n'ont dû obéir ni à des professeurs ni à des sous-offs n'ont qu'une idée vague de ce que c'est que la haine. Au fond, je n'en voulais pas à Rieder. [...]" (extrait)

 

Il parle ensuite dans un post-sciptum de son autre maître "Cart" (pris de remords de ne pas témoigner plus de gratitude à celui de tous mes maîtres que j'ai le mieux aimé). Il ne l'a pas vu depuis 14 ans !

 

Pierre Louÿs est le fils de Pierre Philippe Louis (1812-1889) et de sa deuxième épouse, Claire Céline Maldan (1832-1879), petite-fille de Louise Junot (1772-1820), sœur du duc d'Abrantès, et du docteur Sabatier, médecin de Napoléon. Il est peut-être en réalité le fils de Georges Louis (1847-1917), son demi-frère, diplomate en Égypte en qualité de délégué de la France à la Commission de la dette égyptienne (1893-1903), puis ambassadeur de France en Russie (1909-1913), et grand-croix de la Légion d'honneur en 1913, fils né d'une première union de leur père. Jusqu'à ce que la mort les sépare, ils échangeront une correspondance quasi quotidienne.

 

Très bon état.

 

Belle lettre affectueuse et introspective.

Pierre Louÿs | Lettre autographe adressée à son frère Georges Louis (octobre 96)

650,00 €Prix
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