[Etienne de Jouy]
La Galerie des Femmes. Collection incomplète de huit tableaux recueillis par un amateur.
A Hambourg, 1799 [vers 1880, Bruxelles]
1 volume in-12 (17 x 11 cm) de II-207 pages. Non relié, en cahiers, à relier. Cahiers non coupés à l'exception du faux-titre et du titre (2 feuillets). Les 2 pages de préface au début seraient de Charles Monselet ?
Mention de tirage à 300 exemplaires (sur beau papier vergé épais).
Très bon état. Peu commun. Titre imprimé en rouge et noir.
Cette édition est signalée par Dutel sous le n°340, elle n'est pas illustrée.
"La Galerie des femmes » d'Étienne de Jouy est une oeuvre audacieuse et raffinée qui s'inscrit dans la grande tradition de la littérature libertine française. Cette collection incomplète de huit tableaux, recueillis par un mystérieux amateur, offre un panorama saisissant des différents archétypes féminins de la société du XIXe siècle. Chaque tableau, tel un portrait finement ciselé, dévoile une facette unique de la féminité : de l'innocente Adèle à la sensible Élisa, en passant par la voluptueuse Zulmé et la savante..." (Présentation d'une réédition moderne).
"Pendant ce petit dialogue, les trois nymphes avaient pris place sur le lit de verdure ; la plus jeune était au milieu. « J’ai rêvé toute la nuit à toi, reprit Sapho en s’emparant d’une des mains de Coralie et la regardant avec passion ; mais au lieu de me retracer les plaisirs divins que j’ai déjà deux fois goûtés dans tes bras, mes songes ont versé dans mon cœur le poison de la jalousie : l’amour d’un homme avait remplacé dans ton cœur cette passion céleste que nous t’avons fait connaître et qui n’a point d’égale sur la terre. » (Coralie, en lui baisant la main :) « J’espère, bonne amie, que tu n’ajoutes pas foi aux rêves ? — Si fait, aux miens, poursuivit Myrrha, car j’ai rêvé que, réunies toutes trois dans une grotte charmante, nous épuisions dans nos transports la coupe inépuisable des voluptés. Est-ce là un songe ! (En lui donnant un baiser.) — Il ne tient qu’à nous, poursuivit-elle d’un air un peu confus, d’en faire une douce réalité. » Ce mot prononcé, deux baisers pris sur la même bouche commencèrent le prodige. Les deux aînées des Grâces procédèrent ensuite à la toilette de la plus jeune, c’est-à-dire qu’elles s’empressèrent de l’embellir de tous les charmes de la nudité. Coralie, en rougissant, se prête à leurs désirs. Tandis que Sapho dépouille du tissu de soie qui les couvre une jambe d’ivoire, un pied furtif, Myrrha fait tomber un jupon envieux, délace le corset, enlève le fichu, desserre la coulisse qui retient un dernier voile de lin, et mille baisers saluent les attraits que leurs mains découvrent. Quelque feu que ce spectacle allumât dans mes sens, il n’égalait pas l’ardeur de celui dont les deux amies paraissaient embrasées. Faut-il te l’avouer à ma honte ? l’orgueil, l’amour, la nature réclamaient en vain dans mon cœur contre l’outrage qu’ils recevaient en ce lieu. Telle était la force de l’enchantement, que je n’eusse pas changé mon rôle de spectateur contre celui d’acteur dans cette scène, digne des plus beaux jours de la Grèce. Veux-tu, Charles, te faire une idée de la volupté ? Le couple le plus tendre, le plus aimable d’amants ne t’en fournira qu’une image imparfaite. Son triomphe est dans les embrassements des femmes. Les désirs, les caresses, chez les hommes, ont quelque chose d’outrageant, de lourd, qui révolte de sang-froid ; mais trois jeunes beautés, dont les bras, flexibles comme le lierre, s’enlacent avec mollesse, dont les yeux, pleins d’une flamme humide, peignent à la fois le désir satisfait et le désir renaissant, dont chaque attitude trahit une grâce, dont chaque mouvement produit un tableau, dis-moi, n’est-ce pas la volupté ? Coralie parut d’abord inquiète de sa nudité ; mais le sentiment de la pudeur ne peut tenir longtemps contre les douces illusions de l’amour-propre et du plaisir. Chaque partie de son corps devient l’objet d’un éloge, le but d’une caresse. Sapho se précipite sur le frais bouton de sa gorge, Myrrha savoure un long baiser sur sa bouche entr’ouverte, et presse mollement entre ses dents d’ivoire la langue amoureuse qui s’unit à la sienne. Chacune à son tour s’empare du trésor que l’autre abandonne, et Coralie partage enfin le feu qu’elle allume. Ses jeunes mains s’égarent à leur tour, et s’empressent d’écarter les obstacles qu’elles rencontrent. Les vêtements tombent de toutes parts." (extrait de Sapho ou les lesbiennes).
Edition rare de ce texte sensuel et libertin.
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350,00 €Prix
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