ÉTINCELLE (pseudonyme de Madame la Baronne Double née Henriette-Marie-Adelaïde Biard d'Aunet)
L’IRRÉSISTIBLE.
Paris, Calmann Lévy, Ancienne Maison Michel Lévy, 1893 [impr. Chaix, Paris].
1 volume in-18 (19,5 x 13 cm) de (3)-340 pages.
Reliure demi-maroquin marron à larges coins, dos lisse orné, filets dorés, tranche supérieure dorée, non rogné (reliure de l'époque signée CANAPE). Les couvertures imprimées n'ont pas été conservées. Dos légèrement éclairci, à l'état proche du neuf, intérieur immaculé.
ÉDITION ORIGINALE.
UN DES 10 EXEMPLAIRES DE TÊTE SUR PAPIER IMPÉRIAL DU JAPON.
De son nom de jeune fille Henriette-Marie-Adelaïde Biard d'Aunet était née en Suisse en 1848. Elle épousa en premières noces le vicomte Jules de Peyronny (mariage du 1er juillet 1863), puis en secondes noces le Baron Double, et c'est précisément cette union qui nous intéresse ici. Le baron Double, célèbre collectionneur, bibliophile émérite, chasseur de reliures historiques aux armes des plus grands personnages et des rois, avait littéralement craqué pour les beaux yeux de la veuve Peyronny. "Le baron Lucien Double (1848-1895) a été élevé au milieu des livres de la bibliothèque de Louis XIV que son père, Léopold, avait acquise en 1848. Ses deux centres d'intérêt étaient les livres de provenance royale ou princière et les livres d'une haute curiosité bibliographique (incunables, etc.). Sa bibliothèque fut dispersée à Paris en 1897 (Jean-Paul Fontaine). Le baron double souffrait donc pour les yeux de la belle dame Peyronny... et comme l'écrit si bien Jules Clarétie dans La vie à Paris en 1896 : "Le Baron Double, le collectionneur célèbre, l'homme qui, de son salon, avait fait un Louvre, un musée de curiosités uniques, avec tel vase de porcelaine, le fameux vase de Fontenoy, qui valait quatre cent mille francs, le baron, libre de sa destinée et de sa vie, rencontre, un jour, une femme charmante (en général on évite de rencontrer les autres... NDLR...), d'un esprit délicat et supérieur, avec la bonté dans cet esprit, - ce qui est rare ; il s'en éprend, il veut l'épouser, il la supplie de lui donner sa main, et, comme elle est mariée, séparée, comme il faut du temps pour le divorce, on demande le secours d'une législation étrangère, ... et l'on divorce en Saxe. Le mariage du baron a lieu, le père du baron (Léopold) adore sa belle-fille, les salons de la baronne s'ouvrent à tout ce que Paris compte de notoriétés et même d'illustrations. (...)". Et voilà comment un second mariage, célébré à l'étranger (Londres), en 1885, rend la toute nouvelle baronne Double coupable de Bigamie, son premier mariage n'ayant été annulé qu'en 1887 ! Et tout un imbroglio s'en suit... cette affaire défraiera la chronique mondaine parisienne pendant de nombreuses années. En 1896, la cour d'appel de Paris prononce un arrêt pour l'annulation pure et simple de ce second mariage en raison du caractère frauduleux de sa naturalisation. La Baronne Double ou celle qui se faisait appeler comme cela dans les cercles mondains du tout Paris à la fin des années 1880 n'était pas que cela... elle était femme de plume ! Et elle s'en sortait très honorablement si l'on en croit la presse de l'époque et la critique. Elle écrivait dans les journaux et publiait des livres sous le pseudonyme prédestiné d’Étincelle (qui n'aime pas voir une Etincelle dans les yeux de celle qu'il aime ?) !
Il est écrit dans les arrêts de ce long procès qu'elle pouvait s'enorgueillir d'une "situation brillante et fructueuse que son talent d'écrivain lui avait conquise". Elle avait cependant cessé sa collaboration au Figaro depuis juin 1882 (date à laquelle elle avait demandé sa séparation de corps d'avec son premier époux). Vous suivez toujours ? ... Pas simple les affaires conjugales ! Je continue donc.
J'adore ce passage de l'arrêt : "Attendu que toutes les circonstances qui ont précédé, accompagné ou suivi le mariage célébré à Londres sont donc exclusives de toute bonne foi, et établissent, au contraire, que la célébration de ce mariage a eu pour but unique de voiler une liaison préexistante, et de permettre à Lucien Double et à la défenderesse de revendiquer la situation d'époux auprès d'amis qui n'avaient pas à apprécier la validité du lien qui les unissait (...)" ... Il y a des amis dont on se passerait bien non ? ...
Comment finit toute cette histoire ? Lucien Double meurt le 5 janvier 1895. On sait d'après l'arrêt ci-dessus que le baron avait formé contre elle une demande en nullité de ce mariage (19 novembre 1894)... l'amour ne jouait peut-être plus tant alors... ??? Attendu que ledit Baron avait deux filles naturelles... reconnues (le coquin...) Attendu que la maman dudit Lucien, toujours de ce monde, demande la nullité du mariage également après le décès de son fils... Bref, conclusion, le mariage est annulé et la succession Double revient à sa mère et à ses filles naturelles... Étincelle s'éteint quant à elle à Paris courant de l'année 1897.
Tout est bien qui ne finit pas toujours bien... les histoires d'amour finissent mal... en général, comme dit la chanson.
BEL EXEMPLAIRE PARFAITEMENT ÉTABLI A L'EPOQUE DE CE ROMAN DE MOEURS BOURGEOISES ET ARISTOCRATIQUES.
TRES RARE SUR PAPIER IMPERIAL DU JAPON.
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600,00€Prix
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