Hippolyte FAUCHE (éditeur traducteur) | [KRICHNA | KRISHNA | KRSNA] [HINDOUISME | HINDUISM] LE GITA-GOVINDA ET LE RITOU-SANHARA, traduits du sanscrit en français pour la première fois, par Hippolyte Fauche. Paris, chez tous les libraires assortis en ouvrages de littérature orientale, 1850 [imprimé à Meaux - Imprimerie A. Carro]. 1 volume petit in-8. Reliure plein veau glacé caramel, dos à nerfs, fer spécial "Ganesha". Edition originale rare. Bel exemplaire.
Hippolyte FAUCHE (éditeur traducteur) | [KRICHNA | KRISHNA | KRSNA] [HINDOUISME | HINDUISM]
LE GITA-GOVINDA ET LE RITOU-SANHARA, traduits du sanscrit en français pour la première fois, par Hippolyte Fauche.
Paris, chez tous les libraires assortis en ouvrages de littérature orientale, 1850 [imprimé à Meaux - Imprimerie A. Carro].
1 volume petit in-8 (19,7 x 13 cm) de (4)-IX-200-(1) pages. Bien complet du feuillet d'errata à la fin.
Reliure plein veau glacé caramel, dos à nerfs, fer spécial "Ganesha" doré au centre du premier plat (voir photo). Reliure très bien conservée, quelques marques et traces sans gravité. Intérieur frais avec quelques rousseurs claires. Imprimé sur bon papier vélin blanc (papier fort). Reliure exécutée probablement dans les premières années du XXe siècle.
Edition originale rare.
Le Gîta-Govinda, ce « chant en l’honneur de Govinda », figure parmi les joyaux de la poésie sanskrite. « Govinda », littéralement « celui qui fait obtenir le ciel », est l’un des noms de Krishna dans son incarnation la plus accomplie de Vishnou ; « Gîta » signifie « chant ». L’œuvre se présente comme un drame lyrique où la ferveur mystique se fond dans une volupté ardente. Son auteur, Jayadéva, poète du XIIᵉ siècle, vécut à la cour du roi Lakshmana Sena (1178–1206) dans l’Inde orientale. Si sa biographie demeure incertaine — plusieurs villes se disputent sa naissance, et l’on ne connaît guère que le nom de son épouse Padmâvatî — son poème eut un retentissement immédiat. Dès le Moyen Âge indien, il fut chanté dans les temples de Jagannath à Puri et dansé par les bayadères au service du culte. Chaque année encore, le Bengale et l’Orissa lui consacrent des fêtes nocturnes. Le drame n’aligne que trois personnages : Krishna, Râdhâ et une confidente. Mais ce trio suffit à peindre toute l’intensité de l’amour humain et divin : inconstance du dieu-amant, jalousie et douleur de Râdhâ, repentir et réconciliation finale. À la lecture littérale, ce sont des amours passionnées ; à la lecture symbolique, c’est l’âme humaine, séduite par les sens, qui revient à la Beauté suprême sous le regard de la grâce divine. D’où la comparaison traditionnelle avec le Cantique des Cantiques. La traduction d’Hippolyte Fauche (milieu du XIXᵉ siècle), élève de Burnouf, restitue ce poème avec une fidélité scrupuleuse, parfois jusqu’à la « témérité ». Refusant de mutiler le texte, il le rend vers pour vers, et n’ajoute en italique que quelques mots pour soutenir ou éclairer le sens. Peu de notes, mais une traduction limpide, où le lecteur français du Second Empire peut percevoir à la fois l’élan mystique et la grâce voluptueuse de Jayadéva. Par son lyrisme enivrant, le Gîta-Govinda a traversé les siècles comme un hymne universel à l’union de l’âme et du divin. À la frontière du sacré et de l’érotique, il demeure un texte fondateur de la spiritualité bhakti et une révélation pour l’Orientalisme européen.
Les pages 109 à 180 contiennent le Ritou-Sanhara. "Le mot ritu, qu’il faut prononcer ritou, veut dire saison ; et c’est de lui, qu’est venu le ritus des Latins ; car, dans le sens donné, il paraît n’être qu’une métonymie prise des cérémonies religieuses ou des rites observés à l’ouverture de chaque saison. Sanhâra signifie collection, assemblage de choses réunies. Le Ritou-Sanhâra est donc un poëme encyclopédique des saisons ; et la carrière, où sont entrés dans le siècle dernier Thompson, Saint-Lambert, Roucher, fut parcourue seize ou dix-sept siècles avant eux par l’indien Kâlidâsa. Il vécut sous le règne de Vikramaditya, qui, à peu près contemporain d’Auguste, fonda comme lui une ère (1) célèbre dans l’Inde, qui aima comme lui et protégea les arts, qui compta comme lui parmi les ornements de sa cour neuf poëtes, appelés d’une magnifique expression LES NEUF JOYAUX DU ROI. Le plus riche fleuron de cette brillante couronne était Kâlidâsa, que son drame charmant de Sakountala, ce beau chef-d’œuvre de la scène indienne, mis en français par Bruguière sur la traduction anglaise de Jones et par Chézy sur le texte sanscrit, a déjà fait connaître chez nous presque à l'égal de Shakespeare, de Goëthe et de Schiller. [...]" (extrait de l'introduction).
Bel exemplaire de cette rare édition originale française, probablement tirée à petit nombre, ici reliée avec un fer spécial Ganesha (élément des plus rares dans le domaine de la bibliophilie indianiste européenne).
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950,00 €Prix
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