Histoire de Henri Second. Par Monsieur Varillas. Tome premier et second. A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII- M. DC. XCI [1692-1691] Suivi de : Histoire de François Second. Par Monsieur de Varillas. A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII [1692] (de l'imprimerie de Pierre Le Mercier) 1 fort volume in-4. Bel exemplaire au format in quarto relié à l'époque et portant en queue du dos la fameuse roulette au dauphin couronné.
VARILLAS (Antoine)
Histoire de Henri Second. Par Monsieur Varillas. Tome premier et second.
A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII- M. DC. XCI [1692-1691]
Suivi de :
Histoire de François Second. Par Monsieur de Varillas.
A Paris, chez Claude Barbin, M. DC. XCII [1692] (de l'imprimerie de Pierre Le Mercier)
1 fort volume in-4 (25,5 x 20 cm) de (28)-540 pages. Les deux ouvrages sont en pagination continue.
Reliure strictement de l'époque plein veau brun, dos à nerfs richement orné aux petits fers dorés, pièce de titre en maroquin rouge, roulette au dauphin couronné en queue du dos, tranches mouchetées de rouge, doublure de papier marbré d'époque (les gardes volantes ont été coupées). Quelques légères marques à la reliure qui reste très fraîche. Intérieur frais. Petit travail de vers dans la marge intérieure de quelques feuillets, sans atteinte au texte. Paraphe à l'encre non identifié sur la première page de titre (époque). Nombreux grands ornements gravés sur bois (bandeaux, lettrines, culs-de-lampe).
Edition originale.
Ce volume couvre l’intégralité du règne personnel d’Henri II de France (1547–1559), qu’Antoine Varillas inscrit dans la continuité immédiate de la fin du règne de François Ier afin d’en éclairer les fondements politiques et diplomatiques. Il s’ouvre sur l’avènement du nouveau souverain en 1547, la réorganisation de la cour et l’affirmation progressive de l’autorité royale, marquée par l’influence croissante de Diane de Poitiers. Les années suivantes sont consacrées aux réformes administratives et financières, à la poursuite de la centralisation monarchique et aux premières tensions religieuses suscitées par la diffusion du protestantisme en France. Varillas développe ensuite la reprise des guerres d’Italie contre l’Empire de Charles Quint, mettant en lumière les campagnes militaires, le jeu des alliances et la place de la France dans l’équilibre des puissances européennes. Il souligne l’importance stratégique de la prise des Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun) en 1552, puis analyse la défaite de Saint-Quentin en 1557 comme un tournant majeur du règne. Le récit s’achève sur la reconquête de Calais en 1558, événement hautement symbolique, et sur la paix du Cateau-Cambrésis en 1559, qui met fin aux guerres d’Italie et redessine durablement la carte politique de l’Europe occidentale, avant de se clore par le récit de la mort accidentelle du roi lors du tournoi de la rue Saint-Antoine, ouvrant une phase d’instabilité dynastique et politique pour le royaume.
L’ouvrage publié à la suite prolonge directement cette trame en couvrant le bref règne de François II (1559–1560), fils aîné d’Henri II et de Catherine de Médicis, et s’attache à une phase charnière au cours de laquelle la monarchie française entre résolument dans l’ère des guerres de Religion. Varillas ouvre son récit sur l’avènement du jeune souverain, âgé de quinze ans, et sur la mise sous tutelle politique du pouvoir par la maison de Guise, alliée dynastique par le mariage du roi avec Marie Stuart, reine d’Écosse. Il décrit ensuite la montée rapide des tensions confessionnelles entre catholiques et protestants, la répression des réseaux huguenots et l’affirmation d’une opposition nobiliaire de plus en plus structurée. L’analyse se concentre longuement sur la conjuration d’Amboise de mars 1560, interprétée comme le symptôme manifeste d’une crise profonde de l’autorité royale. Le volume s’achève sur la mort prématurée de François II à Orléans à la fin de l’année 1560 et sur l’ouverture de la régence de Catherine de Médicis pour Charles IX, faisant de cet ouvrage une véritable transition historiographique entre la monarchie de la Renaissance et la France troublée des guerres civiles et religieuses de la seconde moitié du XVIe siècle.
Antoine Varillas (1624-1696), né à Guéret (Creuse) obtint à Paris la charge d'historiographe de Gaston d'Orléans. Admis à l'intimité du savant Pierre Dupuy, garde de la bibliothèque de Paris, il profita de sa complaisance pour examiner une foule de manuscrits dont il fit des extraits. Dupuy, charmé de son application, le demanda pour son adjoint, et Varillas continua d'exercer cet emploi sous les successeurs de ce bibliothécaire. Remercié pour s'être mal acquitté d'une tâche que lui avait confié Colbert, il obtint néanmoins une pension de 1.200 livres qui lui permit de se retirer dans la communauté de Saint-Côme pour y rédiger son Histoire de France. « II habitait, dit un contemporain, un véritable galetas. Un lit, Une table, quatre sièges, une lampe, une écritoire et quelques livres composaient tout son ameublement ; il passait l'hiver sans feu, et il était vêtu si pauvrement que Richelet n'a pu s'empêcher de se moquer de son manteau, dont on voyait les cordes. (Mélanges de Vigneul-Marville) ». Ses premiers ouvrages, qui circulèrent en manuscrit, eurent l'approbation générale et furent très recherchés. Son style, quoique incorrect, parut vif, piquant et très agréable. La réputation de Varillas s'étendit bientôt dans les pays étrangers. Les États de Hollande lui offrirent, en 1669, une pension pour qu'il écrivît l'Histoire des Provinces-Unies. Quoique assez pauvre, il n’hésita pas à la refuser, ne voulant pas prêter le secours de sa plume aux ennemis de la France. Ce fut ce moment-là même que Colbert, prévenu contre Varillas, choisit pour supprimer la pension dont il jouissait comme ancien employé de la bibliothèque royale. L’archevêque de Paris, Mgr de Harlay, informé qu'il préparait une Histoire des hérésies, voulut réparer l’injustice du ministre en lui faisant accorder une pension par l’assemblée du clergé. Convaincu de plagiat et surtout d'avoir été presque toujours inexact dans ses affirmations, ses livres tombèrent en disgrâce. Cependant, Vigneul-Marville regardait la vanité de Varillas comme la véritable cause du mépris où ses ouvrages sont tombés. II avait dit-il, des jaloux de sa gloire qu'il aurait gagnés avec un peu de déférence et de soumission ; mais il ne prenait conseil de personne. Ses ouvrages ne sont plus utilisés comme des références factuelles de première main, mais comme des sources précieuses pour comprendre la manière dont le XVIIe siècle relisait et interprétait le XVIe, ainsi que pour étudier l’évolution de l’écriture de l’histoire avant l’essor de la méthode érudite et archivistique du XVIIIe siècle. À ce titre, ils conservent une valeur durable, à la fois littéraire, intellectuelle et historiographique, qui explique l’intérêt constant que leur portent les chercheurs et les bibliophiles.
Bel exemplaire au format in quarto relié à l'époque et portant en queue du dos la fameuse roulette au dauphin couronné.
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600,00€Prix
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