1977 | Patrick Dewaere | Photographie de tournage pour le film "Le Juge Fayard" [Bernard Prim, photographe de plateau pour ce film]
Photographie | Tirage argentique d'époque | Format 24 x 18 cm | Papier mat | écritures au verso (voir photo)
Le tournage s’est déroulé du 9 juin à la fin août 1976, et le générique mentionne explicitement : « Photographe : Bernard Prim ».
Très bon état.
Le Juge Fayard dit « le Shériff » est un film policier et politique réalisé par Yves Boisset, sorti en 1977, avec Patrick Dewaere dans le rôle principal. Le film est librement inspiré de l'assassinat, en 1975, du juge lyonnais François Renaud.
Jean-Marie Fayard est un jeune juge d'instruction particulièrement énergique et indépendant. Son caractère autoritaire et ses méthodes directes lui valent le surnom de « Shériff ». Dès le début du film, il se heurte aux puissants : lorsqu'il tente de poursuivre le directeur d'une usine après plusieurs accidents mortels du travail, sa hiérarchie intervient rapidement et il est dessaisi du dossier. Cette première affaire montre déjà les limites auxquelles se heurte un magistrat lorsqu'il s'attaque à des intérêts économiques importants.
Fayard se voit ensuite confier une enquête concernant un hold-up. Ce qui paraît d'abord relever du banditisme ordinaire prend progressivement une tout autre dimension. En remontant les filières criminelles, il découvre des relations entre des gangsters, un ancien policier, des hommes d'affaires, des notables et certains milieux politiques. Un suspect susceptible de parler est assassiné, mais Fayard refuse d'abandonner son enquête.
Peu à peu apparaît l'existence d'un réseau parallèle dans lequel se mêlent grand banditisme, financement occulte, violence politique et protections institutionnelles. Fayard comprend que les criminels qu'il poursuit ne sont pas isolés : ils bénéficient d'appuis suffisamment puissants pour entraver la justice. Plus il progresse, plus les pressions augmentent. Il reçoit des menaces, son entourage est intimidé et sa hiérarchie tente de freiner ses investigations.
Le personnage de Fayard incarne ainsi une conception presque absolue de la justice : il veut poursuivre les responsables sans tenir compte de leur position sociale ou politique. Mais son obstination l'isole progressivement. Le juge découvre surtout que le problème dépasse quelques individus corrompus : c'est tout un système d'intérêts convergents qui protège les responsables.
L'enquête le conduit finalement au cœur d'un système politico-financier associé au grand banditisme. Fayard devient dès lors extrêmement dangereux pour ceux qu'il cherche à identifier. Il est assassiné, avant d'avoir pu mener complètement son enquête à son terme.
Sous la forme d'un polar, Boisset réalise surtout un film politique. Il dénonce la collusion possible entre milieux d'affaires, grand banditisme, police parallèle et responsables politiques, ainsi que l'impuissance d'un magistrat isolé face à des réseaux bénéficiant de protections.
L'allusion la plus sensible concernait le SAC (Service d'action civique), organisation gaulliste particulièrement controversée. À la sortie du film, une procédure judiciaire obligea Boisset à supprimer certaines références explicites au SAC.
Le film fait directement écho au meurtre du juge François Renaud, assassiné à Lyon le 3 juillet 1975. Renaud enquêtait notamment sur le grand banditisme lyonnais et sur les ramifications politico-financières de certaines affaires. Son assassinat n'a jamais été judiciairement élucidé. Boisset ne prétend donc pas raconter exactement l'affaire Renaud : il en fait le point de départ d'une fiction accusatrice sur les rapports entre pouvoir et criminalité dans la France des années 1970.
C'est aussi l'un des grands rôles de Patrick Dewaere : son Fayard est à la fois idéaliste, colérique, obstiné et vulnérable. Le film a reçu le prix Louis-Delluc 1976, et Dewaere fut nommé au César du meilleur acteur.
Le Juge Fayard dit « le Shériff » raconte comment un jeune magistrat intègre, en enquêtant sur un banal hold-up, découvre un système reliant grand banditisme, argent et pouvoir politique, et paie de sa vie sa volonté de faire éclater la vérité.
Très beau portrait de Patrick Dewaere au regard hypnotique.
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