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Lettre autographe de Jacques MESRINE Jacques écrou 1-17 N°167871 42 Rue de la Santé Paris 14e (Prison de la Santé), du vendredi 1er juin 1973 (n°26)

 

2 pages in folio écrites au stylo à bille bleu.

 

Tout au long de leurs échanges Jacques Mesrine se faisait appeler Bruno et Jocelyne Deraiche se faisait appeler Joyce.

 

Jacques Mesrine écrit à son amour du moment Jocelyne Deraiche : "Ma catastrophe chérie !! Bonjour ma poupée d'amour, comment vas-tu ma petite chérie, moi je vais très bien en ce jour car j'ai reçu deux très belles lettres de toi. [...] J'ai reçu tes deux photos nature et je les aime bien car là c'est réellement toi et en regardant tes cheveux je repense au temps où je glissais mes doigts dedans pour te caresser la tête. [...] Je regarde le temps qu'il fait dehors, ce n'est pas croyable d'avoir un temps aussi môche ! Malgré que pour moi ça ne change rien. Comme cela Smadja t'appelle Catastrophe ! c'est pas vrai mon bébé t'es pas une catastrophe !! t'es juste un petit, mais très petit ouragan ! [...] Je regarde tes deux photos, et je te trouve une charmante petite face d'amour. Je trouve que tu as repris des couleurs depuis le jour où je t'ai vu chez le juge. Catt te soigne bien et dans 20 ou 30 ans ! je vais retrouver une grosse mémère ! malgré que tu peux grossir encore hein mon bébé. [...] Je vais te faire le dessin que tu m'as demandé, j'espère qu'il sera bien, je vais faire tout mon possible pour qu'il soit beau de mon amour. Sais-tu ma petite Canac de mon coeur, que je t'aime avec tellement de force que tu ne peux même pas te l'imaginer. Oui ma belle poupée ton Bruno est très amoureux et de rencontrer une femme aussi sincère que toi me réchauffe le coeur. Le jour de ton fameux départ pour Caracas, nous étions assi dans l'aéroport, là mon bébé, je t'aurai bien dit ne part pas Joyce je t'aime, mais mon orgueil, toujours mon orgueil, m'en empêchait. La seule chose que je t'ai dit, c'est que peut-être tu pourrais revenir (moi qui dans le fond de mon coeur ne voulais pas te laisser partir).Je n'oublierai jamais la dernière image que j'avais eu de toi dans l'autocar (je crois petite chérie que j'avais aussi mal que toi). Après il y eu les téléphones et le retour de ma poupée. A l'hôtel il (sic) se regardait (sic) mes communications téléphoniques en se tenant la tête, car c'était des je t'aime de  milliardaire que te disais 1 heure et demi de téléphone Caracas-Montréal, j'avais plus de téléphone que de note d'hôtel. C'est beau l'amour eh oui ma poupée tout cela fait partie de nos souvenirs et là tu peux le dire "nous l'avons construit notre amour" et personne ne pourra le détruire. J'espère mon ange que ton moral va bien maintenant toi et Catt vous allez peut-être aller au cinéma dimanche cela vous feras du bien. Pas de soucis petite chérie ok ! Je vais très bien. Je pose des gros bécos d'amour sur ta bouche que j'adore. Toute la tendresse amoureuse de ton mari Bruno. Si tu savais comme je t'aime mon ange xxxxx I LOVE JOYCE. Embrasse bébé Catt pour moi. A demain poupée d'amour xxxxxx

 

Belle lettre en bon état.

 

Informations complémentaires :

 

René Reouven, criminologue, commente : « Il y a chez Mesrine un petit tueur qui se voudrait grand et si l'on peut comptabiliser les crimes qu'il a commis, on ne saurait en faire autant pour ceux qu'il revendique. » En effet, les affaires de meurtre revendiquées par Mesrine ne se rapprochent d'aucun crime réel non élucidé. Le 19 mai 1977, Mesrine est condamné à 20 ans de prison pour vols à main armée, recel et port d'armes par la cour d'assises de Paris présidée par le juge Petit. Durant ce procès, il se produit une anecdote célèbre : il défait le nœud de sa cravate, en sort une petite clé, qu'il proclame être celle de ses menottes procurée par un gardien véreux, puis il la lance aux journalistes présents au tribunal, déclarant ainsi prouver la corruption de la police et de la justice. Il s'avère qu'il s'agissait en fait de la clé servant à ouvrir le cadenas de la télévision de sa cellule. Il est transféré au quartier de haute sécurité de la prison de la Santé. Cette incarcération est à l'origine d'un combat médiatique qu'il entreprend par le biais de la presse afin de faire fermer les quartiers de haute sécurité, qu'il juge dégradants et inhumains. Il parvient à s'évader le 8 mai 1978, à 10 h, accompagné de François Besse. Après son évasion, Jacques Mesrine avait donné le 4 août 1978 une interview à Paris-Match. Le 10 novembre 1978, il tente d'assassiner le juge Charles Petit, président de la cour d'assises de Paris, qui l'avait condamné à vingt ans de prison l'année précédente, en 1977. Le 21 juin 1979, Mesrine enlève le milliardaire Henri Lelièvre de sa maison Le Colinet à Maresché dans la Sarthe, avec la complicité du braqueur Michel Schayewski, tous deux se faisant passer pour deux policiers, avec fausses cartes de police. Vingt-huit jours après l'enlèvement, ils demandent une rançon de six millions de francs et à son fils Henri Lelièvre de choisir une personne de confiance pour l'apporter. À la suite de l'enlèvement du milliardaire Lelièvre, une unité anti-Mesrine est créée en août 1979. Le 10 septembre 1979, Mesrine et un complice tendent un guet-apens dans la forêt d'Halatte (Oise) près de Senlis, au journaliste de Minute Jacques Tillier. Après l'avoir emmené dans les profondeurs d'une cave à champignons, Mesrine le torture, le met à nu, le tabasse et le blesse grièvement par trois balles en lui tirant dans la joue (« pour l'empêcher de dire des conneries »), le bras (« pour l'empêcher d'écrire des conneries ») et la jambe (« par simple plaisir », affirmera-t-il plus tard). Il le laisse pour mort. Mesrine reprochait à ce journaliste de l'avoir diffamé en écrivant qu'il n'était pas une personne « réglo » avec ses associés et que c'était un bandit sans honneur, en août 1979. Fin octobre 1979, Emmanuel Farrugia (commandant de police) et Paul Rément (capitaine de police), hommes du commissaire divisionnaire Lucien Aimé-Blanc, chef de l'Office central pour la répression du banditisme (OCRB), repèrent l'appartement de Mesrine rue Belliard, dans le 18e arrondissement de Paris. Ceci est rendu possible par le biais d'un indicateur (donné par Jacques Tillier qui voulait se venger) qui dénonce Charlie Bauer comme complice actif de Mesrine, et grâce aux écoutes des coups de téléphone que Charlie Bauer passait à Jacques Mesrine. Le 2 novembre 1979 à 15 h 15, Mesrine, au volant de sa voiture avec sa compagne Sylvia Jeanjacquot, est encerclé par les hommes de la BRI, porte de Clignancourt à Paris. Un camion bâché, qui s'est inséré devant son véhicule, dissimule des policiers qui ouvrent le feu. Vingt et une balles sont tirées. L'autopsie constatera la présence de dix-huit impacts de balles à haute vélocité sur son corps. Il est tué en possession de grenades et d'armes de poing dissimulées aux pieds de sa compagne. Celle-ci, grièvement blessée au bras, perd aussi un œil dans la fusillade et son caniche est tué. Jacques Mesrine est enterré au cimetière nord de Clichy, sa ville de naissance. Sa BMW 528i marron métallisée, immatriculée 83 CSG 75 (Sylvia Jeanjacquot raconte l’achat dans son livre Ma vie avec Mesrine, éd. Plon 2011), reste sous scellés de justice vingt-huit ans, dans une fourrière à Bonneuil-sur-Marne, avant d'être broyée dans une casse d'Athis-Mons le 14 mai 2007.

1973 Jacques Mesrine L'ennemi public n°1 | Lettre autographe à J. Deraiche n°27

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