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1891 | La Maison de Verre, défilé de Tableaux vivants, par E. D., Auteur de "Mes étapes amoureuses". Bon exemplaire broché non rogné de ce livre pornographique clandestin devenu rare.

 

E. D. [Edmond DUMOULIN ?]

 

La Maison de Verre, défilé de Tableaux vivants, par E. D., Auteur de "Mes étapes amoureuses".

 

Paris, aux dépens de la compagnie, 1891 [i.e. 1892, Amsterdam, par A. Brancart]

 

1 volume in-12 (17,7 x 11,5 cm) broché de 132-(1) pages. Page de titre imprimée en rouge et noir avec vignette gravée (faune en train de traire un bouc). Ornements. Belle impression sur papier vergé de Hollande à pontuseaux horizontaux. Couverture muette refaite en papier ancien décoré. Papier de qualité resté bien blanc (ne pas se fier aux photographies de l'annonce qui montrent un papier jauni).

 

Edition originale rare.

 

Tirage à petit nombre (sans doute entre 250 et 350 exemplaires).

 

Dutel indique que cette première édition (dont il ne reproduit pas le titre) a été probablement faite à Amsterdam par A. Brancart vers 1892. Il a été fait une suite de 6 gravures pour cette édition (qui étaient vendues séparément et qui ne se trouvent pas ici).

 

E. D. sont les initiales d'Edmond Dumoulin (Dutel).

 

« Quelques visions de scènes qui se passaient dans une célèbre maison de joie de la fin du second Empire. Le narrateur a vu, par des judas habilement pratiqués, la plupart de ces scènes ; il a été le héros de l’une d’elles. Les épisodes sont des mieux choisis pour varier le plaisir. Un colosse et une délicieuse pygmée, aussi vicieuse qu’elle est mignonne, laquelle, de con corps menu et de sa bouche goulue, épuise le colosse bien membré. Des amours lesbiens, lècheries, gougnottage en règle, entre une duchesse et une ballerine luttant de libertinage. Une grande dame masquée qui vide avec un appétit glouton les réservoirs d élixir humain, et se le fait mettre entre ses belles fesses, recherchant de parti-pris les voluptés qui n’ont pas de conséquences repopulatrices. Enfin, l’histoire d’une jeune vicomtesse qui va chez Mme Lempereur pour se faire faire un enfant ; son mari est général, il est vieux, elle doit s’assurer un héritier. Un inconnu s y applique devant nous avec une ardeur qui sera récompensée. » (Perceau, 143-4). C’est en 1913 dans « L’Enfer de la Bibliothèque Nationale », coécrit par Apollinaire, Perceau et Fleuret, qu’une note révèle que « E.D. serait, d’après les uns, un courtier en vins de Bordeaux, selon les autres un fonctionnaire de la Gironde. Son nom serait Dumoulin. Quoi qu’il en soit, il a publié des écrits libres, jusque vers 1900, chez Hirsch, chez Duringe, chez Mme Robert, et chez d’autres. C’est un des plus voluptueux et le plus sensuel des auteurs sous le manteau de la fin du XIXe siècle et parfois il a de l’esprit. » En 1930, dans sa colossale « Bibliographie du roman érotique au XIXe siècle », Perceau évoque « un nommé Desjardins, qui aurait été professeur à la faculté de Montpellier ». Peter Mendes avance aussi l’hypothèse de deux auteurs avec les mêmes initiales Edmond Dumoulin et Emile Desjardins.

 

L'auteur présente ainsi son texte au lecteur : « Au Lecteur. La maison de verre a existé dans les dernières années de l’empire. Les scènes qui se déroulent dans ce panorama sont toutes exactes, à quelques détails et aux noms près. J’ai choisi dans mes cartons les anecdotes qui m’ont paru le plus divertissantes parmi celles dont j’ai été le témoin, ou dans lesquelles j’ai tenu un rôle. J’aurais pu prendre dans le tas des scènes piquantes, que madame X., la maîtresse de la maison de verre, a consignées dans ses mémoires, qui sont en ma possession, mais j’aurais dû les habiller, car elles sont nues, comme les héros de ces aventures, et par conséquent inventer les détails. J’ai préféré faire voir le jour à des scènes, que j’ai consignées, quand elles étaient récentes, et toutes fraîches dans ma mémoire, d’où elles ne sont jamais sorties, surtout celles, dans lesquelles je fus acteur. Ainsi donc les lecteurs, qui voudront bien m’honorer de leur bienveillante attention, verront défiler devant leurs yeux de véritables tableaux vivants. E. D. »

 

« Nous voyons le beau fessier assis, se tortiller en roulements lascifs sur la colonne de chair qui l’enclave, tandis que des soupirs enchantés s’exhalent par en haut, aussitôt étouffés par les grosses lèvres du jouteur, qui a pris celles de la marquise sous les siennes. Faustine et moi, nous avions retenu notre souffle, en pratiquant un doux jeu, pendant la piquante scène, qui se déroulait sous nos yeux. Les deux athlètes disparaissent, l’un portant l’autre, pour aller faire un bout de toilette. J’en profitai pour lui demander qui était cette jolie petite marquise, pas plus haute que ça, qui avait non seulement des goûts virils très accentués, mais encore une capacité surprenante, chez cette petite femme, si mal pourvue en mari, approprié à ses goûts. [...] La petite marquise, à qui le jeu qu’elle pratiquait paraissait familier, suçait avec amour le bout qu’elle avait pris dans sa bouche, pompant avec une telle ardeur, que le colosse fléchit sur ses jambes, achevant la fête à genoux. La petite bouche ne lâchait pas prise, les lèvres aspiraient avidement le goulot, et on devinait aux mouvements des joues, que la gourmande avalait la liqueur gorgée par gorgée, et au temps qu’elle y mit, on devinait que la dose devait être copieuse. [...] On voyait qu’elle prenait un grand plaisir à tripoter le superbe boute-joie, qui même au repos, était d’une taille respectable. — Jamais, il ne rentrera là, dit-elle, tout à coup, en portant sa main à l’occident ; et pourtant, je voudrais bien l’y loger. Mais si vous alliez m’estropier. — On l’y mettra, belle dame, dit le colosse, un peu surpris d’une fantaisie pareille, de la part de ce petit bout de femme, on l’y mettra, et sans vous écorcher. Je l’ai mis ailleurs, dans des compartiments aussi étroits, et qui n’avaient jamais pris de locataire. — Oh ! comme il est gros, comme il est long, et comme il est dur ! Le gland me remplit toute la bouche, et l’autre embouchure est bien plus petite. Jamais il n’y rentrera. J’aurais cependant voulu en tâter, sentir ce gros boudin, avoir enfin cette grosse affaire dans le cul. — Mais on en peut y mettre un tout petit bout, la tête seulement, que nous laisserons à l’entrée, tenez là, si ça vous fait trop de mal. Voyez, ce petit trou, pas plus grand qu’une tête d’épingle, mon gros doigt y rentre tout entier. Il tenait la marquise sous son bras, penchée en avant, et il poussait son médius dans les chairs. Elle se retourne, considère un moment le gros priape, qui se balance superbement bandé; elle le palpe, l’embrasse, prend le gland dans ses lèvres, ouvrant la bouche toute grande pour l’y recevoir. — Oh ! la belle queue ! Mets-le moi là, ce gros vit. Je le veux dans le cul. Tant pis, si tu me le fends. Je l’y veux, je veux l’y sentir; mets-le moi. » (extrait)

 

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1880 et 1920, n°499 : "L'auteur nous fait pénétrer dans les mystérieux boudoirs d'une maison aux murailles transparentes où se passent les scènes les plus voluptueuses qu'on puisse rêver" ; Kearney, Notes towards a bibliography of ‘E. D’, scissors & paste bibliographies, Santa Rosa, California, 2019, indique 4 éditions différentes entre la fin du XIXe et les années 1920.

 

Bon exemplaire broché non rogné de ce livre pornographique clandestin devenu rare.

1891 | Roman clandestin pornographique | La Maison de Verre par E. D. | Rare

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