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1770 | Le Pornographe ou Idées d'un honnête-homme sur un projet de règlement pour les prostituées, par Rétif de la Bretonne | Seconde édition | Exemplaire Gabriel Cognacq (ventes des 10 et 11 février 1953)

 

Nicolas-Edme RESTIF DE LA BRETONNE (RÉTIF DE LA BRETONE)

 

LE PORNOGRAPHE OU IDÉES D'UN HONNÊTE-HOMME SUR UN PROJET DE RÈGLEMENT POUR LES PROSTITUÉES, Propre à prévenir les Malheurs qu'occasionne le Publicisme des Femmes. Avec des Notes historiques et justificatives.

 

A Londres, chez Jean Nourse et à La Haye, chez Gosse junior et Pinet, 1770

 

2 parties reliées en 1 volume in-8 (20,8 x 13,3 cm) de 8 pages préliminaires et 215 pages. Sans le faux-titre "Idées singulières Première partie" qui manque presque toujours.

 

Reliure demi veau fauve granité, dos lisse orné de roulettes dorées marquant des caissons ornés en leur centre d'un petit soleil rayonnant, pièce de titre rouge (avec une erreur du doreur qui a doré PRONOGRA ou lieu de PORNOGRA (volontaire ou non ?), plats de papier à la colle bleu nuit moucheté de marron doré, tranches jaunes mouchetées de rouge, gardes et doublures de papier blanc (reliure fine et parfaitement conservée exécutée vers 1810-1820 au plus tard). Intérieur très frais. Seule la page de titre est légèrement défraichie sans gravité (voir photo). Belles marges.

 

CONTREFACON PROBABLE "en petits caractères" DE CE CÉLÈBRE TEXTE DE RÉTIF DE LA BRETONNE.

 

"Cette édition, moins bien imprimée que la première (avis très subjectif de Paul Lacroix - nous la trouvons bien imprimée), pourrait être une contrefaçon, car Restif ne la mentionne pas dans la Revue des ouvrages de l'Auteur (1784)." (Lacroix)

 

"Rétif nous disait que le Pornographe "a été contrefait trois fois" (le Pornographe, 2e éd., p. 388). Celle-ci peut bien être une des trois." (Rives-Childs, n°3, p. 212)

 

« La dépravation suit le progrès des lumières. Chose très naturelle que les hommes ne puissent s'éclairer sans se corrompre. » écrit Rétif dans son Pornographe, lui qui fréquentait assidûment les petites maisons de la capitale comme il le décrit lui-même dans divers ouvrages. Rétif se targuait de vouloir tout réformer : les mœurs, les arts (le théâtre), et bien d'autres choses encore. Les mots pornographie et pornographe ont déjà au XVIIIe siècle le sens d’aujourd’hui (peinture ou texte obscène, et celui qui produit ces œuvres), mais Rétif dans son titre l’emploie dans un sens plus technique, celui d’essai sur la prostitution et la manière de la réformer. « Je te vois sourire ; le nom demi barbare de PORNOGRAPHE erre sur tes lèvres. Va, mon cher, il ne m’effraie pas. Pourquoi serait-il honteux de parler des abus qu'on entreprend de réformer ? » (Le Pornographe).

 

L'ouvrage est divisé en deux parties. La première, sous forme de lettres adressées entre deux personnes de qualité. On trouve à la fin le Projet de Règlement pour les Filles publiques, sous la protection du gouvernement, établi en LXV articles. La seconde partie contient les notes historiques. C'est le même Rétif qui écrivait : « La pudeur des femmes n'est que leur politique ; tout ce qu'elles cachent ou déguisent n'est caché ou déguisé que pour en augmenter le prix quand elles le révèlent. » ou encore « La femme ne sent son pouvoir qu'autant qu'elle en abuse. » ; attaqué sournoisement par une première maladie vénérienne en 1757 (il a 23 ans), puis une seconde en 1770 même, puis encore en 1776 et 1785 ; Rétif avait de quoi en vouloir aux prostituées, sa passion dévorante pour le beau sexe et le libertinage lui aura prodigué mille délices et mille supplices. « Les belles du Palais Royal sont très jolies, surtout les jeunes ; quant aux vieilles, c’est comme partout ; une vieille bête n’est jamais belle. » in Le Palais Royal - Première partie: Les filles de l’Allée-des-soupirs, en 1790.

 

Provenance : de la bibliothèque Gabriel Cognacq (4ème vente des 10 et 11 février 1953 - note manuscrite). Gabriel Cognacq (1880-1951), neveu d’Ernest Cognacq, fondateur de La Samaritaine, prit la direction du grand magasin en 1927 et poursuivit l’œuvre commerciale et philanthropique de son oncle. Élevé par Ernest Cognacq et Louise Jay, il reçut une solide formation, notamment à HEC, avant d’entrer à La Samaritaine en 1902 après avoir débuté comme simple vendeur. Ancien combattant de 1914-1918, décoré de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur, il occupa ensuite de nombreuses fonctions dans les milieux économiques et sociaux. Héritier d’une partie des collections Cognacq, il constitua surtout lui-même, avec passion et d’importants moyens, un remarquable ensemble de tableaux, dessins, estampes, livres rares et objets d’art. Sa collection, conservée dans son hôtel particulier du 44 avenue Bugeaud, accordait une place notable à l’art moderne et surtout aux œuvres graphiques. Grand mécène, il prêta largement ses œuvres aux expositions, contribua à la sauvegarde des trésors du Prado pendant la guerre civile espagnole et participa à la préservation de l’atelier Bourdelle. Élu membre libre de l’Académie des Beaux-Arts en 1938, il présida durant l’Occupation le Conseil des Musées nationaux et œuvra notamment à la protection des collections de Chantilly. Très engagé dans les œuvres sociales, il présida les Fondations Cognacq-Jay et soutint maternités, orphelinats, écoles, maisons de repos, musique sacrée et horticulture. Écarté des milieux officiels à la Libération en raison de malentendus sur son rôle pendant l’Occupation, il renonça à léguer ses collections à l’État et décida leur dispersion aux enchères. Après sa mort, quinze ventes organisées principalement en 1952-1953 dispersèrent ses collections pour 443 461 070 francs, sa marque de collection étant aujourd’hui identifiable mais parfois critiquée pour son estampillage trop appuyé (le présent volume ne porte pas son estampille).

 

Références : P. Lacroix, p. 100-101 ; Rives-Childs, n°3, p. 212

 

Bel exemplaire finement relié au début du XIXe siècle provenant de la collection Gabriel Cognacq.

1770 | Le Pornographe de Rétif de la Bretonne | Contrefaçon peu commune | Bel ex

950,00 €Prix
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