ANTI-CONTRACT SOCIAL, dans lequel on réfute, d'une manière claire, utile et agréable, les principes posés dans le Contract-Social de J. J. Rousseau, citoyen de Genève, par P. L. Bauclair, citoyen du monde. A La Haye, chez Frédéric Staatman, libraire sur le Kalvermarkt, 1764 | 1 volume petit in-8 relié en veau à l'époque. Bon exemplaire de ce livre peu commun en condition d'époque.
P. L. DE BAUCLAIR [Jean-Jacques ROUSSEAU]
ANTI-CONTRACT SOCIAL, dans lequel on réfute, d'une manière claire, utile et agréable, les principes posés dans le Contract-Social de J. J. Rousseau, citoyen de Genève, par P. L. Bauclair, citoyen du monde.
A La Haye, chez Frédéric Staatman, libraire sur le Kalvermarkt, 1764
1 volume petit in-8 (15,8 x 10,3 cm) de (2)-XII-IV-[paginé 5 à 271]. Complet. Vignette à l'eau-forte sur la page de titre.
Reliure strictement de l'époque plein veau fauve marbré, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tranches rouges, doublures et gardes de papier marbré. Reliure frottée avec quelques usures (mors supérieur partiellement fendu, coins et coupes frottés, coiffes usées aux extrémités). Rousseurs et quelques taches sans gravité.
Edition originale.
Publié en 1762 chez Marc-Michel Rey à Amsterdam, Du Contrat social constitue l’aboutissement d’un projet politique mûri depuis les années 1740, lorsque Rousseau observa à Venise le fonctionnement d’une république ancienne. Après les Discours et l’article Économie politique de l’Encyclopédie, Rousseau reprend son vaste projet d’« Institutions politiques » et en extrait un traité resserré. La première version, le Manuscrit de Genève (1760), fut remaniée pour donner l’ouvrage définitif. Affirmant la souveraineté du peuple, la volonté générale et l’indivisibilité du pouvoir, Rousseau y rejette le droit du plus fort et fonde la légitimité sur le pacte social. Condamné dès sa parution à Paris et à Genève, le livre circule néanmoins dans toute l’Europe, suscitant débats et réfutations — dont l’Anti-Contrat social de Bauclair (1764), la première à paraître. Œuvre phare des Lumières, le Contrat social demeure un des textes fondateurs de la modernité politique.
L’Anti-Contrat social de Bauclair épouse délibérément la charpente du Contrat social de Rousseau afin d’en proposer une réfutation point par point. L’ouvrage s’ouvre, comme chez Rousseau, sur le passage de l’homme de l’état de nature à l’état civil : les premiers chapitres du Livre I reprennent les thèmes fondateurs – les sociétés primitives, le droit du plus fort, l’esclavage, la première convention – jusqu’à l’énoncé du pacte social lui-même, du souverain et de l’état civil. Là où Rousseau entendait dégager les conditions d’une association libre et égalitaire, Bauclair oppose un contre-discours destiné à démontrer que ces hypothèses sont fragiles, abstraites ou dangereuses.
Le Livre II poursuit la symétrie : Rousseau y plaçait les principes de la législation et de la souveraineté, en affirmant son caractère inaliénable et indivisible, en définissant la loi et en introduisant la figure du législateur. Bauclair reprend la même série – indivisibilité, droit de vie et de mort, bornes du pouvoir souverain – mais pour en contester la validité. Sa critique insiste sur les excès de la souveraineté populaire et sur le caractère utopique de la volonté générale, que Rousseau érigeait en fondement absolu de l’ordre politique.
Le Livre III, qui chez Rousseau traite des formes de gouvernement (démocratie, aristocratie, monarchie, gouvernements mixtes), sert à Bauclair de terrain de réfutation pratique : chaque régime est passé en revue, avec l’idée que la théorie rousseauiste tend à gommer la diversité historique et les équilibres réels des constitutions. Les chapitres consacrés aux signes d’un bon gouvernement, à la dégénérescence des pouvoirs, à la mort du corps politique ou à l’institution du gouvernement sont, dans l’Anti-Contrat social, des contre-arguments qui visent à montrer la naïveté ou la dangerosité d’une souveraineté qui se veut absolue.
Enfin, le Livre IV reprend les institutions politiques étudiées par Rousseau : suffrages, élections, comices romains, tribunat, dictature, censure et religion civile. Chaque notion, que Rousseau traitait comme organe ou instrument de la volonté générale, est chez Bauclair examinée sous l’angle de ses risques et de ses dérives. La conclusion, qui correspond à celle du Contrat social, se présente donc comme une véritable contre-leçon : Rousseau prétendait fonder la liberté sur l’égalité et la souveraineté populaire ; Bauclair affirme au contraire que ces principes, appliqués à la lettre, menacent l’ordre civil et politique.
Bon exemplaire de ce livre peu commun en condition d'époque.
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1 150,00 €Prix
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