[La Bruyère, Jean de]
Les caractères de Théophraste traduits du grec avec les caractères ou les mœurs de ce siècle. Septième édition. Revue et corrigée.
A Paris, chez Estienne Michallet, 1692
1 volume in-12 (16 x 9,5 cm | hauteur des marges : 157 mm) de 16 feuillets non chiffrés (titre et discours préliminaire) suivis de 679 pages chiffrées et 9 pages pour la table des caractères et l'extrait du privilège. A la fin sur le feuillet blanc et sur le feuillet de garde est écrite la clef manuscrite (en 61 entrées). On trouve également deux ajouts manuscrits dans les marges aux pages 114 et 282 (toutes les deux concernent la mention de M. Charles d'Aubigné frère de Madame de Maintenon - ces 2 notes ne se retrouvent pas dans la clef à la fin).
Reliure du milieu du XVIIIe siècle pleine basane marbrée, dos à nerfs orné aux petits fers dorés, tranches rouges, gardes de papier marbré. Reliure solide et encore décorative avec quelques accidents d'usage (coiffes arrasées, petite fente en pied du mors du second plat et en tête du premier, petit accroc peu visible, épidermures légères). Intérieur en bon état malgré quelques mouillures marquées à certaines pages (voir photos). Exemplaire qui a malgré tout réussi a passé le temps sans être lavé et bien complet de la clef manuscrite (avec variantes par rapport à d'autres) qui est intacte.
Septième édition originale. Premier état.
Cette septième édition revue et corrigée par l'auteur présente des différences et des augmentations notables sur l'édition précédente (la sixième édition a paru en 1691). On y trouve 77 caractères nouveaux décrits précisément par Rochebilière (n°629).
Notre exemplaire comporte les signes distinctifs de premier tirage (page 265 - Sannions imprimé en italique et les pages 265 à 268 en premier état non remaniées). Par ailleurs la page 272 (dernier mot resté sans suite cohérente à la page suivante) indique un premier état.
La Bruyère a fait publié neuf éditions originales entre 1688 et 1696 par le libraire Estienne Michallet. La neuvième et dernière édition originale a été revue et corrigée par La Bruyère lui-même. Les huitième et neuvième édition font le plus du double de la première. La première édition contenait 420 caractères quand la huitième en contenait 1120 en 1694. Pendant 17 ans La Bruyère ajoutera et polira ses maximes et caractères de l'homme de son siècle. C'est d'ailleurs la seule œuvre de l'auteur, celle de toute une vie. Les Caractères de La Bruyère sont précédés des Caractères du grec Théophraste.
« Ce ne sont point au reste des maximes que j'aie voulu écrire, […] l'usage veut qu'à la manière des oracles elles soient courtes et concises ; quelques-unes de ces remarques le sont, quelques autres sont plus étendues : on pense les choses d'une manière différente, et on les explique par un tour aussi tout différent. » (extrait de la Préface).
L'observation fine et satirique des différents types de caractères et de comportements humains embrassent tous les thèmes à savoir : la nature humaine, la société et ses mœurs, la critique sociale, la morale, la psychologie, la satire, la condition humaine, la vertu et le vice, etc. La Bruyère consacre un long chapitre aux femmes et aux affaires du cœur. La Cour et les Grands ne sont pas épargnés.
« Le philosophe consume sa vie à observer les hommes » (La Bruyère)
"Les hommes & les femmes conviennent rarement sur le mérite d’une femme ; leurs intérêts sont trop différents : Les femmes ne se plaisent point les unes aux autres par les mêmes agréments qu’elles plaisent aux hommes ; mille manières qui allument dans ceux-ci les grandes passions, forment entre elles l’aversion & l’antipathie. Il y a dans quelques femmes une grandeur artificielle, attachée au mouvement des yeux, à un air d’être, aux façons de marcher, & qui ne va pas plus loin ; un esprit éblouissant qui impose, & que l’on estime parce qu’il n’est pas approfondi. Il y a dans quelques autres une grandeur simple, naturelle, indépendante du geste & de la démarche ; qui a sa source dans le cœur, & qui est comme une suite de leur haute naissance ; un mérite paisible, mais solide ; accompagné de mille vertus qu’elles ne peuvent couvrir de toute leur modestie, qui échappent, et qui se montrent à ceux qui ont des yeux. [...]" (extrait des Caractères de La Bruyère, chapitre intitulé "Des Femmes")
Provenance : ex libris répété sur la première garde blanche et sur la page de titre : Johannis Le Lasseur. La famille Le Lasseur ou Lelasseur serait originaire de Nantes. C'est une famille haute bourgeoisie nantaise versée dans le commerce maritime puis la de noblesse attachée au pouvoir judiciaire (Jean-René Lelasseur : Doyen du présidial de Nantes (institution judiciaire de l'Ancien Régime et René-François Le Lasseur (1754–1838) : Avocat général et philanthrope, grand bourgeois dont le nom a été attribué à une voie nantaise).
Bon exemplaire de premier état avec la clef manuscrite en parfait état écrite à l'époque sur deux feuillets à la fin du volume.
top of page
500,00 €Prix
bottom of page
