Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]

Les Nuits de Paris ou le Spectateur-Nocturne.

à Londres, et se trouve à Paris, chés les libraires nommés en tête du Catalogue, 1788

[Parties 1 à 14]

14 parties reliées en 7 volumes

suivi de :

Les Nuits de Paris ou le Spectateur-Nocturne.

Tome huitième : Seizième Partie.

[Partie 16]

à Paris, 1794

suivi de :

La Semaine Nocture : Sept Nuits de Paris ; qui peuvent servir de Suite aux III-CLXXX déjà publiées. Ouvrage servant à l'Histoire du Jardin du Palais-Royal.

[Partie 15]

A Paris, chés Guillot, 1790

Collationné complet.

Ensemble 16 parties reliées en 8 volumes in-12 (17 x 10 cm). Bien complet de la rare quinzième partie et de la rarissime seizième partie. La seizième partie est ici placée en tête du huitième volume, devant la quinzième partie.

On joint : 1 tirage ancien (figure volante) "avant la lettre et le numéro" de la figure de la XVIe partie sur papier vélin (tirage non signalé par les bibliographes).

Reliure demi-veau fauve de l'époque à petits coins (vers 1794 date d'édition de la seizième et dernière partie - le décor des reliures, ornées aux petits fers dorés, est encore typique des années 1780). Pièces de titre de maroquin rouge, tomaisons noires, plats de papier à la colle "fauve". Reliures homogènes avec quelques usures (coiffes supérieures avec manque), mors supérieur du quatrième volume fendu à restaurer, frottements aux dos, épidermures, coins usés. Intérieur frais avec les inévitables rousseurs à quelques feuillets, parfois papier de piètre qualité (notamment des feuillets de la seizième partie - imprimée par Rétif de la Bretonne lui-même ... sur les papiers qu'il trouvait ...). 

17 figures sur les 18 requises. La figure de la quinzième partie (Louis XVI sur son trône) n'a pas été reliée dans cet exemplaire (sans manque apparent). La figure de la seizième partie (exécution de Charlotte Corday est dans son état avant la numérotation, avant toute lettre).

Edition originale rarissime complète de la quinzième et de la seizième partie.

Exemplaire complet, non seulement de la 15ème partie, mais de la 16ème qui est encore plus rare, surtout avec la véritable gravure de l'exécution de Charlotte Corday, mais souvent remplacée par une gravure extraite de l'Année des Dames Nationales (on la distingue grâce à l'absence de mention imprimée dans la marge haute). Restif, Le Spectateur nocturne, trace dans les 14 premières parties un extraordinaire tableau de Paris d'avant la Révolution. Les deux dernières publiées, l'une deux ans et l'autre cinq ans plus tard, sont des descriptions virulentes de la Révolution qui valurent à son auteur, à cause de Marat en particulier, de passer devant le Comité de Police de la Commune de Paris. Pris de crainte, son libraire abandonna la vente de ce monumental ouvrage. Restif dut d'ailleurs, même en 1806 lors d'une remise en vente, le faire cartonner. Presque tous les exemplaires du tome XVI furent quant à eux détruits : on peut assurer qu'il n'en existe pas 10 exemplaires affirme P.L. Jacob, ce qui est probablement exagéré. L'ouvrage est illustré de 17 (sur 18) planches gravées que Cohen attribue à Binet, y compris la planche Le Billard qui fut rarement ajoutée et qui manque à beaucoup d'exemplaires. Nombre de ces planches représente Restif dans son curieux costume de "Spectateur nocturne", cape et grand chapeau surmonté d'un hibou. D'une grande valeur documentaire sur l'époque et d'une lecture passionnante, cette oeuvre de près de 4.000 pages, où il est écrit dans le premier volume : J'aime mon pays, mon roi, le gouvernement monarchique, se termine par ces mots : Vive la République et la Montagne. 

"Les Nuits de Paris sont plus qu'un recueil d'anecdotes pittoresques sur le petit peuple parisien: pour leur étrangeté poétique, le mystère qu'on devine dans les détails familiers, la bizarrerie des rencontres, la fertilité du hasard autour du promeneur toujours vigilant, toujours présent comme un Maldoror ou un Fantômas aux drames cachés dans les ténèbres, on peut les rapprocher d'oeuvres modernes inspirées par la capitale, le Spleen de Paris, le Paysan de Paris ou Nadja" (Henri Coulet, Le Roman jusqu'à la Révolution, p. 493). 

"Ce grand ouvrage, essentiellement parisien, a toujours été recherché, alors même que les oeuvres de Restif étaient encore décriées, négligées et presque inconnues de notre génération," écrit Paul Lacroix en 1875, ajoutant: "c'est, en effet, un livre unique qui représente la physionomie morale de Paris vers la fin du dix-huitième siècle" (Bibliographie de Restif de La Bretonne, p. 299).

"Ce vaste ouvrage de plus de 3000 pages, 16 parties et 8 volumes prend la forme d’un recueil de notes d’un « Hibou-Spectateur » qui parcourt la ville, un Paris urbain, nocturne, contrasté juste avant la chute de la Monarchie. Le narrateur se fait observateur et conteur aussi tant les tableaux se teintent de pittoresque et de picaresque : ces écrits seront étudiés de près par les historiens du siècle suivant comme autant d’instantanés et de traces d’une période très particulière où les classes sociales se mêlent et où la misère règne. Les femmes y occupent une place singulière par les dominations et les outrages qu’elles subissent. Le fil narratif du volume suit la logique de scènes parfois juxtaposées ayant pour lien l’unité du regard porté et du récit composé. Le tableau d’ensemble reste sombre, « misérabiliste » déploreront des contemporains, annonçant par certains côtés Balzac, Flaubert ou Zola : différence majeure, les tableaux esquissés sont collectifs et relèvent d’une approche presque sociologique quand les écrivains du XIXe siècle choisiront d’imaginer des héros et héroïnes dont les parcours se détachent de cette toile de fond sociale." (Bnf, les Essentiels, Les Nuits de Paris, en ligne).

Références : Rives Childs, Restif de la Bretonne, 303-306 ; Cohen, col. 882-883 ; Paul Lacroix, Bibliographie des ouvrages de Restif de la Bretonne, pp. 258-301

La plupart des exemplaires que l'on peut rencontrer sont en 14 voire 15 parties (la 16ème manque presque toujours). Un exemplaire bien complet des 16 parties et des 18 figures MAIS relié en maroquin du XIXe siècle par Chambolle-Duru (n°50, vente du 8 novembre 2011, Binoche et Giquello, a été adjugé 40.000 euros). L'exemplaire personnel de Pierre Bergé, également complet des 16 parties et des figures, a été vendu un peu plus de 11.000 euros MAIS il était relié en très simple demi-maroquin brun à coins de la fin du XIXe siècle (vente PBA du 14 décembre 2018, n°898). 
 

Exemplaire exceptionnel.

Bon exemplaire en condition d'époque de cet ensemble très recherché et quasi introuvable bien complet des 16 parties en reliure ancienne.

Photographies supplémentaires et renseignements complémentaires sur demande.

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. Les Nuits de Paris. 1788-1794

€25,000.00Prix
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