Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone].

Les Françaises, ou XXXIV exemples choisis dans les mœurs actuelles, propres à diriger les Filles, les Femmes, les Épouses et les Mères. Ier Volume : Les Filles. IId. Volume : Les Femmes. IIIe Volume : Les Épouses. IVe Volume : Les Mères.

A Neufchâtel, et se trouve à Paris Chés Guillot, 1786

4 volumes in-12 (17,8 x 10,5 cm) de 272, 312, 312 et 324 pages. 34 figures hors-texte d'après les dessin de Binet commandés et dirigés par Rétif lui-même.

Reliure demi-veau blond, dos à faux-nerfs orné à la grotesque, pièce de titre de maroquin rouge, pièce de tomaison de maroquin vert (reliures vers 1850). Petits éclats au papier sur les coupes, dos avec quelques décolorations ou parties plus foncées, sans gravité. Intérieur frais. Collationné complet du texte et des figures qui sont d'un très beau tirage. Une figure fissurée latéralement habilement recollée au moment de la reliure (très peu visible au recto). Notre exemplaire ne contient pas les 7 feuillets d'annonces pour la table des Contemporaine et une liste des ouvrages de l'auteur (indiqués par Rives-Childs mais non mentionnés par Lacroix).

Edition originale.

Recueil de nouvelles écrit en seulement 26 jours.

"Je donne pour titre à ces IV Volumes, Les Françaises, parce que les Trente-quatre Exemples qui les composent, offrent un tableau général de nos mœurs, où les Jeunes personnes les Femmes de tout âge, trouveront réunis les devoirs de leur état, les moyens d'être vertueuses, agréables à leurs Parents, à leurs Époux, respectables à leurs Enfants, chéries de leurs Concitoyens" (Avis de l'éditeur).

On trouve également dans cette publication, deux drames en 5 actes, l'un intitulé La Fille naturelle situé à la fin du second volume, l'autre portant comme titre La Cigale et la Fourmi qui termine le dernier volume. C'est dans le tome I que Rétif prophétise notamment la Révolution ainsi que les réformes agraires que la majorité des pays connaîtront aux XIXe et XXe siècles.

L'édition est illustrée de 34 figures hors texte numérotées, gravées par Giraud l'aîné d'après les dessins de Louis Binet qui les exécuta à partir des consignes de l'auteur. Seulement deux gravures sont signées de l'artiste. "Rien n'est plus étrange que ces femmes longues et maigres, à têtes de lilliputiennes, et que ces enfants qui semblent sortir d'un bocal d'esprit de vin. On peut supposer que c'était un nouveau goût anormal qui couvait dans l'imagination excentrique de l'amoureux des petits pieds." (Lacroix).

Selon Cohen: "Dans aucun des ouvrages de Restif, Binet n'a autant exagéré la petitesse des têtes et la finesse des tailles des femmes". Rétif s'est plu à mettre en scène Grimod de La Reynière fils dont on trouve le portrait très réussi dans la figure illustrant la partie sur l'Épouse d'ivrogne (tome III).

« Ce ne sont pas des bibliothèques qu'il faut aux jeunes filles. Une fille savante est hors de la Nature et une sorte de monstre. Le jeune sexe ne peut faire que des lectures de morale pratique, qui lui montrent directement ses devoirs et l'avantage de les remplir. » (Rétif de la Bretonne, Les Françaises, Avis au début du tome I.).

"Cet ouvrage est fort rare ; le libraire Guillot en fut l'éditeur, ainsi que des Parisiennes et des Filles du Palais-Royal." (Lacroix).

"Le succès des Contemporaines avait excité la convoitise des libraires, qui s'adressaient à Restif pour avoir les suites de ce vaste recueil, lequel finit par former 65 volumes comprenant plus de mille nouvelles. Guillot traita aux meilleures conditions avec Restif, à qui il demandait seulement un choix de ces Nouvelles déjà publiées; mais Restif fut averti qu'il s'exposait à un procès de la part des libraires auxquels il avait vendu déjà ses ouvrages : il prit le parti de faire à nouveau quatre volumes d'exemples choisis, accompagnés d'une douzaine de lectures savantes et curieuses. [...] Le Recueil des Françaises passa presque inaperçu, les journalistes ne daignèrent pas s'en occuper. Il est vrai que Restif avait pris le parti de ne plus adresser un seul exemplaire de ses livres nouveaux à ces journalistes qu'il regardait comme des ennemis irréconciliables; il refusait même brutalement de leur donner des exemplaires, quand on lui en faisait demander par son libraire. La critique s'était, il est vrai, un peu trop déchaînée contre les Contemporaines et contre la Paysanne pervertie, après avoir reconnu presque unanimement les grandes qualités du Paysan. Puis, des articles railleurs et goguenards avaient comblé la mesure : Restif, qui ne riait jamais et qui n'entendait point prêter à rire, n'avait pas laissé sans réponse ces attaques à coups d'épingle, qu'on ne lui épargnait pas, surtout dans les feuilles de province." (Lacroix).

On sait désormais d'après Mes Inscripcions que les dessins sont bien de Binet. Rétif en choisissait lui-même les sujets et en dirigeait l'exécution.

Les Françaises précèdent d'une année les Parisiennes (1787) qui en sont comme le complément.

Références : Lacroix, Rétif de la Bretonne, p. 241-247 ; Rives-Childs, Bibliographie de Rétif de la Bretonne, p. 296-297 ; Un exemplaire des Françaises reliées en maroquin de Chambolle-Duru était listé 300 francs au catalogue de la librairie Auguste Fontaine (1875).

Bel exemplaire de ce titre rare de Rétif de la Bretonne.

Rétif de la Bretonne [Restif de la Bretone]. Les Françaises. 1786. 34 figures

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