ANDREA DE NERCIAT (André Robert) - [André COLLOT, illustrateur]

FELICIA OU MES FREDAINES. Orné de vingt eaux-fortes coloriées à la main par l'artiste.

Paris. 1928

1 volume in-4 (25,5 x 20 cm), de 238-(1) pages. 20 eaux-fortes dans le texte (à mi-page) coloriées à la main au crayon de couleurs par l'artiste.

Reliure plein maroquin caramel, pastiche de reliure du XVIIIe siècle, dos à faux-nerfs richement orné aux petits fers dorés, triple-filet doré en encadrement extérieur des plats, roulette dorée en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier marbré, relié sur brochure, non rogné, couverture crème imprimée en bleu (titre). Superbe exemplaire dans une fine reliure (non signée). A noter des mors partiellement fendus, sans incidence sur la solidité de la reliure. Cuir des mors bruni. Le dos est légèrement plus foncé que les plats. Superbe condition malgré cela.

TIRAGE A 331 EXEMPLAIRES SEULEMENT.

CELUI-CI, 1 DES 300 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN BLANC.

Le détail du tirage est le suivant : 1 ex. sur Japon nacré blanc avec plusieurs suites ; 30 ex. sur Japon avec aquarelle et suite des remarques et 300 ex. sur vélin blanc.

Ce roman libertin d'Andréa de Nerciat (un bourguignon salé ... de naissance) a été réimprimé de nombreuses fois au cours des dernières années du XVIIIe et des premières années du XIXe siècle, et ce, malgré une condamnation à la destruction. Dutel, dans sa bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1650 et 1880, n'en compte pas moins de 17 impressions entre 1775 et 1869. Dutel indique que ce roman aurait été publié vers 1775, et donne pour première édition, l'édition sans figures d'Amsterdam, sans date, en 221 et 256 pages, sans doute à cause des erreurs de pagination relevées. Ce roman libertin concentre l'essence du romanesque libertin en un dosage subtil d'humour, d'évasion et d'élan passionnel. Le tour de force de l'auteur est de se livrer à une parodie jubilatoire tout en écrivant un vrai roman d'aventure, avec ses mystères, ses épisodes palpitants, ses improbables coïncidences et hasards merveilleux... Avec Margot, Thérèse ou Juliette, Félicia est à coup sûr l'une des plus grandes courtisanes de la littérature du XVIIIe siècle.

"Déjà les mains avaient beaucoup trotté, déjà les bouches et les tétons avaient essuyé mains hoquets amoureux, quand on se leva de table. On y laissa les deux Italiens, qui ne voulurent point la quitter. Le peu de signes de vie qu’ils donnaient encore n’était que pour demander à boire et pour jurer qu’ils ne bougeraient point de là tant qu’il y aurait une goutte de vin dans la maison. La signora Camilla garda son ivrogne de père et fit demeurer un valet pour le secourir en cas d’accident. Tout le reste de la compagnie, à l’exception du chevalier qui venait de disparaître, passa de la salle à manger au salon, dont les deux battants demeurèrent ouverts… O pudeur ! que tu es faible quand Vénus et Bacchus se livrent à la fois la guerre ! Mais est-il absolument impossible que tu leur résistes ? Ou n’es-tu pas plutôt charmée de ce que la puissance connue de leurs forces justifie ton heureuse défaite ? J’y pense encore avec étonnement. À peine eûmes-nous mis le pied dans le salon que l’un de nos officiers, défié par les regards lascifs de Sylvina et perdant toute retenue, l’entraîna vers l’ottomane et se mit à fourrager ses appas les plus secrets. Elle ne fit qu’en rire. Bientôt, l’agresseur enhardi par l’heureux succès de son début, s’oublia jusqu’à manquer tout à fait de respect à l’assemblée. Sa partenaire, égarée, transportée, partageait ses plaisirs avec beaucoup de recueillement. Déjà l’Italienne mariée suivait son exemple à deux pas de là, dans les bras de l’autre officier, non moins effronté que son camarade. Argentine courait se cacher dans les rideaux des fenêtres pour ne pas voir ces groupes obscènes ; monseigneur l’y suivait pas décence et par tempérament. Tout le monde, occupé de la sorte, oubliait mon nouvel amant et moi, qui demeurions médusés au milieu du salon… Un regard expressif fut le signal de notre fuite. Ma main tomba tremblante dans celle du beau Fiorelli. Nous volâmes à mon appartement, où je m’enfermai, bien résolue à ne rejoindre la compagnie, quoi qu’il arrivât, qu’après avoir bien fait à mon aise, avec méditation, ce que je venais de voir faire aux autres dans le désir de la brutalité." (Extrait de Félicia ou mes fredaines). 

TRÈS BELLE ÉDITION CLANDESTINE DE LUXE ILLUSTRÉE PAR ANDRÉ COLLOT.

Référence : Dutel, Bibliographie des ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, n°1556.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE FINEMENT RELIÉ EN MAROQUIN A L’ÉPOQUE.

Félicia ou Mes Fredaines par André de Nerciat illustré par Collot (1928)

€1,650.00Prix
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