[LOUISE-FRANCOISE DE BOURBON, dite MADEMOISELLE DE BLOIS, fille de LOUIS XIV ET MADAME DE MONTESPAN]. ROUXELIN (Estienne), bachelier de Sorbonne et curé de Frémécourt.

 

Le Triomphe de la Piété contre les abus qui s'y commettent. [par l'abbé E. Rouxelin].

 

A Paris, chez Nicolas Pépie, 1712

 

1 volume in-12 (16,8 x 10,2 cm) de (22)-256 pages.

 

Reliure de l'époque maroquin vieux rouge, dos à nerfs orné de fleurs de lys dans les caissons (grande fleur de lys au centre de chaque caisson et petites fleurs de lys dans les angles des mêmes caissons), triple-filet doré en encadrement des plats, armoiries au centre des plats (armes de Mademoiselle de Nantes - lire ci-dessous), roulette dorée sur les coupes et en encadrement intérieur des plats, doublures et gardes de papier marbré, tranches dorées. Ombres et légères insolations aux plats, légers frottements et quelques taches sombres sur le second plat. Les armes sont nettes et très bien frappées. Le dos est intact. Intérieur frais avec quelques cicatrices de mouillures marginales sans conséquence. Le nom de l'auteur a été ajouté à l'époque à la plume sur le titre.

 

 

Edition originale.

 

Exemplaire de la bibliothèque de Mademoiselle de Nantes, fille naturelle de Louis XIV et Madame de Montespan.

 

L'auteur de cet ouvrage de piété est Estienne Rouxelin, bachelier de Sorbonne et prêtre de Frémécourt (village situé au cœur du Vexin français, à environ 45 km au nord-ouest de Paris). On lui doit également un Traité de la divinité de Jésus-Christ (1707).

 

Son Triomphe de la piété (qui semble assez rare) est dédié à Madame la princesse de Conti, première douairière. Il traite des vertus chrétiennes et morales (prudence, force, tempérance, justice, charité, pénitence, prière, espérance, humilité, mortification, amour du prochain, pardon, etc. Nul doute que Mademoiselle de Nantes en fit un usage intensif basé sur les épreuves de sa vie même.

 

Provenance : (aux armes et note ancienne au crayon) de la bibliothèque de Louise-Françoise de Bourbon (1673-1743) dite "Mademoiselle de Nantes", fille naturelle du Roi Louis XIV et de Madame de Monstepan, duchesse de Bourbon puis princesse de Condé. Princesse de Condé elle avait épousé le petit-fils du Grand Condé. Fille naturelle de Louis XIV, elle est légitimée par le Parlement de Paris l'année même de sa naissance avec ses frères aînés le duc du Maine et le comte de Vexin. Sa mère, Madame de Montespan, étant une femme mariée, son nom n'est pas mentionné dans l'acte de légitimation, le roi et sa maîtresse craignant que le marquis de Montespan ne cherche à reconnaître « de jure » ces enfants par vengeance. Toute sa vie Louise-Françoise sera considérée comme enfant du seul roi et ne pourra avoir officiellement des rapports filiaux avec sa mère. Elle est élevée avec ses frères et sœur à venir par Madame de Maintenon. Louise-Françoise de Bourbon est mariée à douze ans par ordre du roi le 24 juillet 1685 dans la chapelle du château de Versailles au duc de Bourbon, fils d'Henri-Jules de Bourbon-Condé et petit-fils du Grand Condé (le fils aîné du prince de Condé portait le titre de duc de Bourbon en attendant d'être à son tour prince de Condé à la mort de son père). Son époux la néglige mais lui donne neuf enfants, parmi lesquels le duc Louis-Henri de Bourbon, un des premiers ministres les plus contestés de France, au début du règne de Louis XV. Son époux est un être violent, cruel, qui a hérité de la folie issue, semble-t-il, du côté de sa grand-mère paternelle née Plessis de Richelieu (famille du cardinal). Cependant, il reste un être fin et intelligent qui fera la fortune de sa famille en se montrant toujours soumis à son royal beau-père. Cette union est scandaleuse car le duc de Bourbon est un prince du sang alors que Mademoiselle de Nantes est une bâtarde, mais la mésalliance est facilitée par la dot procurée par Louis XIV à sa fille, plus d'un million de livres et en donnant le gouvernement de Bourgogne aux Condé et en assurant la survivance de la charge de la surintendance du roi à la mort de son père et de son grand-père. Il meurt en 1710, et sa veuve se console vite. On prête en effet à la duchesse un penchant à la galanterie. Il est certain qu'elle eut de l'inclination pour le prince de Conti, son cousin et beau-frère (sa fille Marie-Anne fut considérée comme la fille du prince de Conti). Le palais Bourbon bâti à partir de 1722 par Louise-Françoise de Bourbon. Elle n'eut que peu d'influence sur ses enfants : sa fille aînée, devenue religieuse, était mentalement perturbée ; son fils aîné, Louis-Henri (M. le Duc) était soumis à sa maîtresse, Mme de Prie ; son fils le comte de Charolais rappelait par bien des points son père étant comme lui cruel et débauché. Quant au comte de Clermont, il ne se maria pas, et entretint très librement de nombreuses maîtresses. Mlle de Nantes eut l'occasion d'affronter sa sœur, Mlle de Blois (devenue duchesse d'Orléans par son mariage avec Philippe d'Orléans, fils de Monsieur, en 1701) en 1710 lors du mariage du duc de Berry : ce dernier, petit-fils de Louis XIV, prince simple et généreux, devait se marier. La guerre de Succession d'Espagne empêchant le choix d'une princesse de sang royal étrangère, Louis XIV hésitait entre une princesse de la maison d'Orléans et une princesse de la maison de Condé (Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé). Finalement ce furent les Orléans qui l'emportèrent, à la grande fureur de Louise-Françoise. Elle était devenue très proche de son demi-frère, le Grand Dauphin, et régnait sur le château de Meudon : elle espérait beaucoup du futur règne de « Monseigneur », mais celui-ci mourut en 1711, ruinant tous ses espoirs. Belle, libre, provocante, elle est redoutée pour son esprit mordant, et anime la vie de la Cour à la fin du règne de Louis XIV. Une fois veuve, aidée de son amant, le marquis de Lassay, elle fait fortune grâce au système de Law. Elle bâtit à Paris un des plus beaux monuments de la capitale, le Palais Bourbon, actuel siège de l'Assemblée Nationale. L'importante bibliothèque qu'elle s'était constituée au Palais Bourbon (actuel siège de l’Assemblée nationale), édifié pour elle entre 1722 et 1728, était réputée pour la qualité de ses reliures, dont la plupart avaient été exécutées par Padeloup et Derome. Réf. OHR, pl. 2628 (6 fers répertoriés, celui-ci n'y est pas - variante avec cordelière de veuve) ; De la bibliothèque Grace Whitney Hoff (1862-1938) avec son ex libris gravé armorié. Femme philanthrope américaine venue s'établir en France en 1900. Grace Whitney Hoff réunit également une collection de manuscrits, d'incunables, d'éditions rares et de reliures anciennes, dont A. Boinet rédigea le catalogue en 1933 (Paris, Gruel, n°278).

 

Bel exemplaire de très intéressante provenance.

Exemplaire aux armes de Louise-Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes 1712

€3,500.00Prix
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