Etienne CABET.

Révolution de 1830, et situation présente (juillet 1832) expliquées et éclaircies par les Révolutions de 1789, 1792, 1799 et 1804, et par la Restauration, par M. Cabet, député de la Côte d'Or.

Paris, Aguste Mie, 1832

1 volume in-8 (21 x 13,5 cm) de (1)-XIV-389-(1) pages.

Reliure de l'époque demi-basane maroquinée caramel, dos lisse à faux-nerfs ornés dorés et à froid, fleurons à froid, plats de papier raciné, tranches marbrées. Quelques légers frottements à la reliure, en bel état. Intérieur avec quelques rousseurs habituelles, la deuxième moitié du volume en est quasi exempte. Beau papier chiffon.

Édition originale.

"Ce que je prévoyais est arrivé : la colère du pouvoir m'a forcé de comparaître devant les tribunaux ; mais les juges du pays ont condamné mon accusateur. Cependant, mon but ayant été d'être utile en éclairant la masse du peuple, ma tâche n'est point encore accomplie : il me reste à donner à mon ouvrage la plus grande publicité. J'en fais donc une seconde édition à 10.000 exemplaires, au plus bas prix possible, afin que les citoyens les plus pauvres puissent en faire l'acquisition. [...]"(extrait).

Cette première édition, qui valut un procès à son auteur, est bien complète des débats parlementaires sur l'Italie, la Pologne et la Belgique. 

Ce dijonnais, fils d'un maître-tonnelier, né en 1788 et mort à Saint-Louis (Missouri, USA) en 1856, était un théoricien politique français, classé parmi les socialistes utopiques par Karl Marx et Friedrich Engels, qui lui opposent un socialisme scientifique. Il se définissait lui-même comme "communiste". Il participe activement à l'insurrection de juillet 1830. Élu député de la Côte-d'Or en juillet 1831, il fonde en septembre 1833, Le Populaire, un journal ultra-démocratique dans lequel il attaque avec violence le gouvernement de Louis-Philippe. Interdite deux ans plus tard, la publication reparaît en mars 1841, encore plus virulente que dans la première version. Condamné en 1834 à deux ans de prison pour délit de presse, il préfère se réfugier en Angleterre, où il fréquente notamment Martin Nadaud (1815-1898)4, le maçon de la Creuse en passe de devenir député. Grâce à l’apport de ce dernier et de réformistes anglais, dont Robert Owen (1771-1858), philanthrope communisant, il poursuit sa formation politique. Lors de ce séjour, il découvre également les conditions déplorables dans lesquelles travaillent les ouvriers dans les usines britanniques. C'est en 1840, à Londres, qu'il écrivit l'ouvrage pour lequel il est le plus connu, Voyage en Icarie (publié pour la première fois sous ce titre en 1842 et sous son véritable nom), description d'une cité idéale. Il fonda en 1848 une communauté utopique du même nom, Icarie, sur les bords de la rivière Rouge, au Texas. Elle sera active jusqu'en février 1895 (dissoute par défaut de colons suffisants pour assurer la production).

La société idéale de Cabet est basée sur cet axiome : « La passion aveugle pour la liberté est une erreur, un vice, un mal grave. » Pour Cabet c’est l’intérêt supérieur de la communauté auquel doivent se soumettre toutes les volontés et toutes les actions. 

Agréable exemplaire en reliure de l'époque décorative de l'édition originale peu commune.

Etienne Cabet. Révolution de 1830 et situation présente (1832) Edition originale

€600.00Prix
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