[Bernard-Joseph Saurin].

Mirza et Fatmé, Conte indien, traduit de l'arabe.

A La Haye, 1754

2 parties en 1 volume in-12 (16 x 10 cm) de (2)-322-(6) pages.

Reliure de l'époque pleine basane marbrée, dos à nerfs orné, tranches rouges. Usures aux coins et aux coiffes. Petits travaux de vers à la reliure, sans gravité. Intérieur frais avec de légères salissures à quelques feuillets. Complet.

Édition originale.

"J'ai eu l'honneur de vous parler d'un petit roman, Mirza et Fatmé, à qui la malignité du public a donné une sorte de vogue. Ce roman est encore dans le goût de ceux du comte d'Hamilton et de Crébillon : des fées, des génies, des enchantements, des allégories ; il y a très-longtemps qu'on est excédé de toutes ces choses-là. Cependant les applications très-satiriques qu'on n'a pas manqué de trouver dans plusieurs endroits de ce roman, lui ont fait une espèce de réputation qu'il ne mérite pas ; il n'est pas absolument mal écrit, mais on n'y trouve ni plan, ni conduite, ni intérêt. Je ne sais si j'ai tort d'être tant dégoûté des allégories que je le suis. Ce genre est si froid, si puéril, si insipide. Qu'est-ce que c'est, par exemple, que cette éducation de Mirza, que la fée du malheur a élevée dans l'île des Amis ? Peut-on se résoudre à travestir aussi puérilement une idée qui, quoique commune, ne laisse pas que d'être philosophique : voilà cependant une des plus ingénieuses allégories de ce roman ; ce n'est pas ainsi que nos maîtres en l'art d'écrire avaient de l'esprit. Voici quelques traits qui ont fait le plus de bruit : Le sultan est un prince imbécile, et par conséquent tyran, qui mesure le bonheur de son peuple au poids de son individu, qui veut un ministre qui le fasse rire, et qui prend dans ses titres de qualité de toujours gai, quoi qu'il soit le plus triste des sultans." (Correspondance de Grimm, janvier 1754).

La Nouvelle Bibliothèque Universelle des Romans souligne le style vif et pur, et le but vraiment utile de cet ouvrage, puisqu'il tend à démontrer que le malheur est la plus utile des écoles pour tous les hommes, et surtout pour les souverains. Ce qui caractérise particulièrement cet ouvrage intéressant, est-il écrit, c'est la multitude des allégories ingénieuses, sous lesquelles l'auteur peint successivement le malheur, le despotisme, la superstition, le fanatisme, la volupté, l'avarice, l'amour, le désespoir, l'espérance, la terreur, l'amitié, la cour, le peuple, et la philosophie. Il n'est personne de sensé qui ne souscrive aux justes éloges qu'il prodigue à la dernière.

"Au commencement du troisième [jour] il se trouve vis-à-vis d'un palais brillant. Le prince approcha, et lut fur le frontispice en gros caractère de diamant : Palais de l'espérance. Il avait été bâti par la Fée de l'Imagination ; on y était introduit par le Génie du Désir : on y attendait tous les jours l'Amour et la Fidélité pour les marier ensemble : le prince, après avoir traversé plusieurs cours, entra par un vestibule de marbre vert, dans un salon tout couvert de glaces de diamant, encadrées dans des bordures d'émeraude : il y avait au milieu un trône de même matière, sur lequel une jeune Fée était assise. [...]" (extrait, pp. 137-138.

Où il est question de fées, d'enchanteurs, d'anneaux d'invisibilité ...

L'auteur, Bernard-Joseph Saurin (1706-1781), tour à tour avocat, poète et chansonnier, était le fils du mathématicien Jospeh Saurin. Ses tragédies sont oubliées tout autant que ses comédies. S'il ne fallait retenir qu'une seule production de cet auteur ce serait certainement ce conte indien.

Bon exemplaire de cet ouvrage peu commun.

Bernard-Joseph Saurin. Mirza et Fatmé, conte indien traduit de l'arabe. EO

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