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Lettre autographe de Jacques MESRINE écrite le 22 août 1976 depuis la prison de Muret à sa maîtresse du moment Jeanne Schneider.

 

2 pages in-8 (1 feuillet 21 x 13,6 cm) écrites au stylo à bille bleu.

 

Jacques Mesrine écrit à son amour du moment Jeanne Schneider et signe "Bibi":

 

MESRINE Jacques

55.503 D5 dy.44
 

N° 1                                                 Dimanche 22/8/76
 

Nanou d'amour,

Bonsoir mon ange. Une fin de semaine qui se termine ... cela nous rapproche de notre parloir ... seule chose qui compte vraiment pour nous deux. Je suis allé à ma télé ... mais le directeur a eu la bonne idée de m'accorder le programme jusqu'à 17 H 40 seulement, ce qui me supprime automatiquement le film. A la Santé j'y avais droit jusqu'à 18 H 45 puisque la fermeture s'effectue à 19 H ! Enfin ici tout est super con ! J'ai demandé à avoir un entretien avec monsieur Monteuil, le Directeur Régional, car je veux mettre les points sur les "i". Je reviens sur ce que j'aie (sic) dit au sujet de la bouffe ... après deux semaines je me rends compte que c'est moins bien qu'à la Santé, car il n'y a presque jamais de viande rouge et pas de possibilité d'en cantiner... trop de charcuterie ... J'ai des boutons qui me sortent de partout. En un mot j'étais mieux à la Santé. Une chance que les gardiens sont très corrects, ce qui évite bien des problèmes. Il est possible que maman vienne vers la fin du mois ... J'imagine sa tête si on la fouille (sic) bien que je l'aie prévenue. Voilà ma puce, rien de bien spécial ... ma vie est sans surprises ! De toute façon je vais faire ce qu'il faut pour ne pas rester là, cette taule me tape sur les nerfs. En attendant d'avoir ta petite gueule en face de moi, de tendres bécots te caressent partout partout. Je t’adore … ça tu le sais. Bonne nuit chaton - Ton BIBI -.

 

Belle lettre en bon état.

 

Cette lettre, datée du 22 août 1976, est particulièrement intéressante car elle est rédigée peu après le transfert de Jacques Mesrine de la prison de la Santé vers le centre de détention de Muret (Haute-Garonne). Elle éclaire son état d'esprit à un moment où il n'a pas encore élaboré le projet d'évasion spectaculaire qui aboutira, quelques mois plus tard, à sa fuite du 21 mai 1978. Elle révèle également la nature de sa relation avec Jeanne Schneider, surnommée ici « Nanou ».

 

À l'été 1976, Jacques Mesrine est détenu après son arrestation du 28 septembre 1973. Depuis plusieurs années, il alterne les séjours dans différents établissements pénitentiaires français. Après avoir été incarcéré à la Santé, il est transféré à Muret dans le cadre de la politique de dispersion appliquée aux détenus considérés comme dangereux.

 

Mesrine supporte très mal ce changement. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il juge rapidement que les conditions matérielles y sont moins favorables qu'à la Santé. Cette lettre constitue un témoignage direct de cette désillusion.

 

Cette lettre de 2 pages, montre aussi un Mesrine encore engagé dans des démarches auprès de l'administration, avant que son opposition au système carcéral ne se radicalise davantage. Elle révèle enfin le contraste saisissant entre deux facettes du personnage : d'un côté, le détenu revendicatif, attentif aux moindres aspects de son quotidien carcéral ; de l'autre, l'homme profondément attaché à Jeanne Schneider, dont les visites au parloir constituent le principal soutien moral. Cette dualité, entre révolte contre l'institution et dépendance affective, traverse l'ensemble de sa correspondance et éclaire utilement sa psychologie à cette période.

Comprenant qu'il se passera probablement des années avant qu'une autre occasion d'évasion se présente, il décide d'écrire son autobiographie L'Instinct de mort, qui paraît le 3 mars 1977. Dans ce livre, il déclare avoir tué trente-neuf personnes. À ce sujet, un criminologue, René Reouven, commente : « Il y a chez Mesrine un petit tueur qui se voudrait grand et si l'on peut comptabiliser les crimes qu'il a commis, on ne saurait en faire autant pour ceux qu'il revendique. » En effet, les affaires de meurtre revendiquées par Mesrine ne se rapprochent d'aucun crime réel non élucidé.

 

Suite de la fiche descriptive en dernière photo de l'annonce.

1976 | Jacques Mesrine ennemi public n°1 | Lettre autographe à Jeanne Schneider

850,00 €Prix
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