Octave UZANNE (auteur), Eugène COURBOIN (illustrateur), SIMONAIRE (illustrateur), Daniel VIERGE (illustrateur).
L'Ecole des Faunes. Fantaisies muliéresques. Contes de la Vingtième Année. Bric-à-Brac de l'Amour. Calendrier de Vénus. Surprises du Coeur. Par Octave Uzanne. Décorations en camaïeu par Eugène Courboin. Frontispice de D. Vierge, interprété à l'eau-forte par F. Massé. [Couverture par Simonaire gravée par Rougeron-Vignerot].
Paris, Librairie contemporaine, H. Floury, 1896
1 volume in-8 (27,2 x 18,6 cm) de VIII-300-(4) pages. 30 compositions par Eugène Courboin tirées dans le texte et mises en couleurs au pochoir. 1 frontispice à l'eau-forte par Daniel Vierge gravé par Fr. Massé. 1 tirage de couverture sur papier de Chine fort (essai non retenu pour servir de couverture à l'ouvrage). La fragile couverture verte imprimée en or a été parfaitement conservée.
Reliure de l'époque demi maroquin havane, dos à nerfs, titrage doré et millésime doré en pied du dos, tête dorée, non rogné (dos uniformément légèrement éclairci). Collationné complet. Intérieur très frais imprimé sur beau papier satiné.
Edition originale sous ce titre.
Tirage à 700 exemplaires.
Celui-ci, un des 660 exemplaires sur vélin satin d'Ecosse. Il a été tiré en outre 40 exemplaires sur Japon Royal.
Exemplaire enrichi d'une curieuse pensée autographe de l'auteur écrite sur papier filigrané (monté sur onglet en tête du volume). Voir le détail plus bas.
Ce très beau volume contient les textes de jeunesse les plus personnels de l'auteur que sont les trois opus sur les femmes, l’amour et les folies amoureuses de jeunesse que sont : Le Bric-à-Brac de l’Amour (publié pour la première fois le 5 décembre 1878), Le Calendrier de Vénus (publié pour la première fois le 31 janvier 1880) et Les Surprises du Coeur (publié pour la première fois le 20 juin 1881). Uzanne est âgé de 27 ans à peine quand il rédige le premier et de 30 ans pour le dernier. Ces trois ouvrages lui tiendront tellement à cœur qu’il les rééditera réunis sous un seul volume intitulé L’école des Faunes, Contes de la vingtième année (Paris, H. Floury, 1896 – bien que l’achevé d’imprimer soit daté du 19 août 1895). Ces textes sont alors magistralement illustrés par Eugène Courboin et sont l'expression d'un superbe symbolisme flamboyant.
Cet ouvrage est injustement négligé des bibliophiles amateurs de cette période exploitant les beautés de l'Art Nouveau et et du Symbolisme mêlés. Eugène Courboin fait montre ici d'un talent et d'une imagination en totale adéquation avec les textes d'Octave Uzanne.
Le frontispice-couverture d'essai dessiné par Simonaire (en noir) tiré sur papier de Chine fort est une merveille. Ici totalement dépourvu de rousseurs (ce qui est fort rare).
Provenance : de la bibliothèque de Alfred Werlé (1837-1907), bibliophile rémois renommé. Charles Barbe Alfred Werlé, plus généralement connu sous le nom d’Alfred Werlé, fut l’un des importants bibliophiles français de la seconde moitié du XIXe siècle. Né à Reims en 1837, fils d’Édouard Werlé, dirigeant de la maison Veuve Clicquot-Ponsardin, il succéda à son père à la tête de la célèbre maison de champagne en 1884. Il fut également consul de Russie à Reims et reçut en 1886 du pape Léon XIII le titre de comte romain.Amateur d’art, érudit et collectionneur, membre notamment de la Société de l’Histoire de France, Werlé constitua une bibliothèque considérable, associant manuscrits, livres anciens, éditions illustrées du XVIIIe siècle, ouvrages modernes de luxe et exemplaires enrichis ou de provenance remarquable. Il réunit parallèlement un fonds particulièrement important consacré à Reims, à la Champagne et à la Brie champenoise, comprenant imprimés, manuscrits, chartes, autographes, portraits et gravures.Après sa mort en 1907, sa bibliothèque fut dispersée à Paris en cinq importantes ventes publiques au cours de l’année 1908, sous l’expertise du libraire Henri Leclerc. Les catalogues furent publiés sous le titre semi-anonyme Catalogue de la bibliothèque de feu M. le comte A** W****.*Les volumes provenant de sa collection peuvent notamment porter son ex-libris gravé aux initiales « A. W. », accompagné d’un lion issant, marque aujourd’hui bien identifiée dans les collections institutionnelles et le commerce bibliophilique.
Billet autographe monté en tête : Pensée mystique d'Octave Uzanne (écrite vers 1896-1897 ?). "[...] L'artiste qui tient ses dons du ciel sent plus ou moins vaguement qu'en vendant au riche il restitue à dieu." L'esprit humain, a-t-on dit, doit à la Religion ce qu'il a de plus élémentaire et de plus pur dans les expressions de la nature morale ; je veux dire de sentiment de la maternité marié à la virginité, idée inconnue à l'art ancien, à l'art du paganisme. Or, cette maternité virginale qui donne la vie sans le péché originel, n'est-ce pas le plus beau symbole de la charité qui puise en soi ses germes de bienfaisante fécondation. L'art a trouvé ses inspirations les plus nobles dans ce symbole de la maternité chaste. L'artiste qui tient ses dons du ciel sent plus ou moins vaguement qu'en vendant au riche il restitue à dieu. signé Octave Uzanne."
Ce morceau autographe est un étrange document qui nous dévoile un Octave Uzanne empreint de mysticisme et de religiosité, ce qui n'était pas franchement son habitude dans les années 1896-1897, date probable de la rédaction de ce petit billet. Pour qui ? Pour quelle occasion ce billet a-t-il été écrit ? S'agit-il simplement d'une note prise sur le vif de sa pensée qui vagabondait ? (nous le pensons). Nous ne savons pas. Quoiqu'il en soit, cette pensée mystique à propos de la maternité virginale (de la Vierge Marie) reliée à l'Art, le tout couronné d'une conclusion des plus hasardeuse "L'artiste qui tient ses dons du ciel sent plus ou moins vaguement qu'en vendant au riche il restitue à dieu", méritait d'être sauvée de l'oubli et permet de parfaire un peu plus le portrait psychologique de l'auteur.
Bel exemplaire de ce très beau livre à l'illustration symboliste très réussie avec un autographe des plus curieux.
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1 150,00 €Prix
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