Le Mirouer de Sorcellerie (Miroir de Sorcellerie [ L’incantation ] )Gravure à l'eau-forte imprimée par E. Charreyre d'après une aquarelle originale de Félicien RopsCette gravure a été publiée dans le livre d'Octave Uzanne intitulé Son Altesse la Femme à la fin de l'année 1884 chez Albert Quantin.Feuille de Japon fort : 35,8 x 26,7 cm environ - cuivre : 18 x 11,5 cmTirage à très petit nombre sur papier vélin contrecollé (entièrement - vélin appliqué) sur beau et grand papier du Japon (entièrement contrecollée). Épreuve avant la lettre en bas de la gravure qui est normalement titrée : LE MIROUER DE SORCELLERIE (en lettres capitales)Signé en rouge Félicien Rops dans la planche en bas à gauche.
Cette épreuve contrecollée sur Grand Japon était réservée aux 100 exemplaires de Grand Luxe de l'ouvrage précité. (1 des 2 états) Il s'agit ici d'un tirage contrecollé sur papier Japon encore plus grand que le tirage de luxe.
Cette œuvre de Félicien Rops a servi d'illustration au chapitre « Le Mirouer de sorcellerie » tiré de l'ouvrage d'Octave Uzanne intitulé « Son Altesse la femme » (1885). Octave Uzanne raconte, en vieux français, l'histoire du docteur Iehan Manigarolle, « grand viveur » qui, en vieillissant, tomba « de fièvre libertine en sombre mélancolie ». Désespéré de ne plus goûter aux joies de l'amour, il en appelle à la sorcellerie. « La grant chambre de son logis fust eschangiée en laboraitoyre de sorcellerie et vouée ainsi à Sathan ».
Rops nous présente ici un cabinet d'alchimiste, où se côtoyent « la brune chouette et le hibou noir, le marabout empaillé, les rouges pommes d'amour, le parchemin vierge pour pactes sataniques, les cœurs d'enfants nouveaux nés en bocal bien clos et scellé... ». Iehan multiplie les études pour retrouver sa folle vie d'antan. Il a façonné un magnifique miroir et invoque Belzébuth, prince des diables. Le miroir métallique se crevasse, se fend et soudain, un corps de femme lui apparaît. Iehan pactise alors avec le diable et retrouve toute sa vigueur.
L'histoire finira mal puisque le bonhomme sera arrêté comme sorcier et brûlé vif. La morale, misogyne comme il se doit, nous affirme que « la femme est suppost du dyable et que tous meurtres, crimes, abominations que commettent les hommes lui peuvent estre imputés... ». Pour souligner ce propos, Rops a représenté sur la tapisserie qui sert d'arrière-plan à la scène, deux des représentations emblématiques de la « femme fatale » telle que la conçoit l'époque : la sirène et Eve. Car c'est bien la tentation originelle qui est évoquée ici, avec une Eve triomphante, première des tentatrices, accusée d’avoir causé la chute de l'Homme.
[Rédigé par Marie DEPRAETERE, mars 2023, Musée Rops]
Très belle symbolique de la femme sorcière ayant tous pouvoirs sur l'homme.
Très belle épreuve. Parfait état. Superbe tirage d'époque. Voir photos.
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450,00 €Prix
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